Aidez à financer le pourvoi en cassation de Bluetouff et Reflets.info

26 February 2014 par babozor

Avant de parler un peu du sujet de cet article, un peu de background… quand j’étais sur Paris (il y a de cela quelques années) je passais pas mal de temps à droite à gauche à aller à des lieux et évènements qui touchaient à la culture numérique en général et la bidouille en particulier. Soyons clairs, ce genre de lieux ne sont pas légions et un des lieux de ralliements des barbus parisiens était La Cantine… où étaient organisés bon nombre de BarCamps et autres trucs destinés aux mecs comme moi. Inévitablement, et la proximité aidant j’ai rencontré Bluetouff et les ours de Bearstech, des gens bien sympathiques et qui travaillent dans l’infogérance (en gros ils maintiennent et surveillent vos serveurs) et sont passionnés de bidouillage et de sécurité informatique.
A une époque où je galèrais pour trouver de la place pour héberger tout le contenu de LaGrotteDuBarbu (je cyber-squattais quelques centaines de méga par ci par là à des potes à chaque nouvel épisode mis en ligne) l’ami Bluetouff m’a gentiment proposé d’héberger LaGrotteDuBarbu… et ses dizaines (centaines?) de Giga de données vidéos.
En début 2014 (après un petit rappel d’un des ours) j’ai mis une pub pour Bearstech au début de chaque épisode, ce qui me parait normal et légitime, puisqu’ils m’hébergent gracieusement depuis toutes ces années et contribuent donc à vous amener la barbuitude via mes vilaines vidéos.

Tout ça pour dire, que même si on se voit rarement (la dernière fois c’était pour un PasSageEnSeine et ça date de quelques années) j’apprécie beaucoup l’ami Bluetouff, et je suis de près ses articles, ainsi que ceux de ses camarades sur le très bon site (même si parfois un poil engagé à mon goût) Reflets.info

A leurs actifs, ils ont quelques histoires hallucinantes, comme la découvert de la vente de matériel français de surveillance réseau à des régimes cradocs, certaines failles béantes dans certains systèmes, etc. Ils font une partie du travail que les journalistes aujourd’hui (certains pas tous) ne font plus, de la recherche, de l’investigation.

Viens donc l’affaire ANSES…
Je vais faire un vilain résumé, donc le mieux est encore de lire les articles qui suivent:
- La non-affaire Bluetouff VS ANSES
- La Justice relaxe le co-fondateur de Reflets dans une rocambolesque affaire de piratage supposé de données publiques
- Tous « pirates » !

En gros et si je résume, au cours de recherches sur Google, Bluetouff tombe sur des documents sur l’extranet de l’ANSES, il les télécharge et il écrit un article sur Reflets.info

Il est placé en garde à vue et accusé de piratage… et est relaxé par le tribunal en première instance
L’ANSES ne se porte plus partie civile et pourtant le parquet fait appel… et contre toute attente gagne, condamnant Bluetouff à 3000 euros d’amendes et permettant un précédent grave.

Parceque outre l’affaire qu’on pourrait qualifier pour les initiés de profondément débile (télécharger un fichier librement disponible et indexé par les moteurs de recherches), ce n’est pas le laxisme des administrateurs du site qui est pointé du doigt, mais un individu qui a téléchargé ces fichiers.
Et cela risque de mettre en place un précédent dramatique, qui mettrait la responsabilité de la sécurité des données dans les mains des internautes plutôt que dans celui de ses supposés professionnels.

Bluetouff et Reflets ont donc décidé de se pourvoir en cassation… une procédure longue et qui coûte cher, environ 10 000 euros. Outre l’injustice de cette décision, elle permettrait de créer un précédent extrêmement dommageable pour tous les internautes.
Vous pouvez donc aider en donnant un peu d’argent, comme je l’ai fait… j’ai pas de thunes en ce moment mais il me restait 9 euros 41 sur mon compte paypal, donc j’ai filé 9 euros 40 à Reflets pour soutenir l’effort de guerre et je vous incites à faire de même.

Tout mon soutien va donc à Reflets.info et Bluetouff… en leur souhaitant bonne chance et en espérant que la justice française retrouve sa raison.

LaGrotteDuBarbu – Episode 121 – SutureTotoMatik

24 February 2014 par babozor

Cette semaine je tente de prendre en main Josette, ma super nouvelle vieille machine à coudre pour essayer de me fabriquer un sac pour trimballer mes outils favoris…

Pour cet épisode vous aurez besoin de:
- une machine à coudre, la mienne Josette, a été sauvée de la déchetterie et marche très bien, l’axe de rembobinage de la canette est morte (mais avec une perceuse et un vieux pinceau j’arrive à le faire manuellement sans problème), mais à part ça elle marche très bien.
- du fil, alors je suis un quiche de l’espace mais il en existe de pleins de sortes différentes, suivant l’utilité, la couleur, l’épaisseur, etc. Vous pouvez les trouver dans différentes longueurs… 100m, 250m, 500m, 2,5km… les prix sont variables mais en général c’est entre 2 et 10 euros la bobine (suivant la qualité et la longueur)
- des aiguilles, adaptées à votre tissu et à votre fil… il en existe de pleins de sortes, moi j’en ai acheté deux jeux, pour du fil standard et pour du fil bourrin pour jean. Environ 3 euros pour 4 aiguilles (ça va c’est pas la ruine)
- un vieux sac, un grand merci à l’ami Vincent (aka HckletJckl) déjà pour son don de matériel au RuralLab et au sac qu’il m’a filé que j’ai complètement démonté pour récupérer tout pleins de trucs dessus.
- du tissu, ici c’est un reste d’un vieux pantalon que j’ai transformé en short… donc qui m’a rien coûté, mais vous pouvez en trouver dans certains magasins spécialisés, les prix sont super variables et j’y connais pas grand chose, donc…

Quelques remarques sur cet épisode:
- je dois avouer le fonctionnement de la machine à coudre me fascine complètement… un truc qui fait des noeuds automatiquement pour coudre des tissus avec deux fils, chapeau.
- démonter un sac ça a deux utilités, d’abord de pouvoir récupérer pleins de trucs dessus: des zips, des lanières, des clips, tout pleins de machins qui normalement vendus neuf à l’unité vous coutent un bras. L’autre utilité de démonter un sac est de voir tout simplement comment il a été fabriqué.
- première vraie expérience sur une machine à coudre, donc encore pleins de trucs à améliorer mais je suis plutôt content du résultat… le sac s’ouvre et se ferme sans problème, les coins sont ni carrés ni vraiment ronds, il n’y a pas de fond, les coutures sont pas droites, mais ça fait le job comme on dit.
- j’ai encore quelques problèmes avec le réglage de la machine, qui est sans aucun doute le truc le plus compliqué à comprendre quand on prend ça en main… en gros il faut réussir à équilibrer la tension des fils entre le fil de la canette (le fil du bas) et le fil de la bobine (le fil du haut). Si un des fils n’est pas bien tendu, les noeuds seront visibles et se sera moche.
- j’ai testé une utilisation basique de la machine à coudre, il existe pleins de trucs que je n’ai pas testé, des outils de oufs (comme une surjeteuse, un truc qui coud avec 4 fils et coupe le tissu en trop d’un seul coup… un truc de malade)

Quelques photos du matériel utilisé
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Quelques photos du résultat
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Voilà me suis bien amusé avec ma machine à coudre… mon but à terme est de tenter de reproduire un de mes fatals préférés (dans lequel maintenant il y a plus de trous que de tissus) et d’être capable de ma coudre mon propre futal (avec les poches aux bons endroits qui vont bien)… et c’est pas gagné.

Si vous avez des conseils, des liens vers des revendeurs de tissus (je cherche du jean super bourrin pour résister à mon énorme fessier), des trucs à conseiller aux autres barbus, n’hésitez pas.
Que la barbitude soit avec vous…

une année 2014 asymétrique, difficile, mais passionnante…

20 February 2014 par babozor

Comme une fois de temps en temps, je profites du blog pour faire un point (mon côté développeur indécrottable), analyser un peu ce qui se passe et me faire une séance d’auto-thérapie punitive gratuite…
2013 est finie depuis quelques semaines (ok l’article a mis plus de temps que prévu pour être écrit, relu et publié), que nous réserve donc cette année 2014?

Le RuralLab, installation, mise en place…
Le chose la plus notable sans aucun doute de l’année 2013 est la concrétisation du projet RuralLab. Pour ceux qui ne connaitraient pas le projet, je résume en quelques mots: installer un FabLab à Néons sur Creuse dans l’Indre, en plein milieu rural, sans fond propre, sans subvention (pour l’instant?), avec beaucoup d’énergie et proposer, une infrastructure, du matériel et des compétences à tous pour mieux maîtriser les technologies numériques.
La mairie de Néons sur Creuse nous a donc permit d’investir les locaux de l’ancien bar municipal, que nous avons équipé et réaménagé… le rez de chaussé en tout cas, puisque le sous-sol est encore en cours d’aménagement. Plusieurs zones: une grande table dans la pièce principale pour l’accueil du public, un espace avec des ordinateurs à disposition, une zone “lounge” avec canapé et vieilles consoles de jeux, une zone de récupération/recyclage et la cuisine transformée temporairement en salle de musique. Au sous-sol trois ateliers: atelier de sérigraphie, atelier électronique et atelier de fabrication (bois, métal, etc.). L’organisation et l’aménagement du sous-sol n’est pas encore fini mais on s’y emploi d’arrache pied (dès qu’on arrive à trouver quelques heures de libre et si on a le matériel sous la main).
Après un peu plus de deux mois dans les locaux, on compte un peu plus de 80 adhérents, pas loin de 300 visites sur place, 4 ateliers par mois minimum (Jeudi sera le 10ème) et pleins de choses à faire.
Tout ça avec un budget ridicule (quelques centaines d’euros par mois), du recyclage, de la récupération et beaucoup d’énergie.

Un projet génial, qui dépasse le cadre du FabLab
Alors oui installer, un FabLab en milieu rural (même si on a pas encore de machines à commandes numérique on s’appelle quand même FabLab, là c’est juste qu’on a pas de pognon, mais dès qu’on en a… ) c’est rigolo et ça paraît un peu fou, mais la première évidence est que cela répond à un besoin criant. On est dans une zone désertique pour tout ce qui touche au numérique: des connexions web lamentables (pour info ma ligne à la maison est toujours en 512kb… j’ai résilié ma ligne depuis quelques mois, aucun sens de payer 50 euros pour un service aussi merdique), une couverture téléphonique tout juste passable (la 3G à des endroits bien précis de la maison ou dans le fond du jardin, des zones blanches dans la maison même pour le téléphone en GSM)… et surtout quelques années de retard dans tout ce qui touche au numérique.
La grande différence par rapport, par exemple aux amis du LabFab de Rennes, c’est que la cible et la population qui y vient n’est pas la même, on a pas d’étudiants en école de design avide de découpeuse laser… on a une population qui a des ordinateurs, des téléphones, des tablettes et qui ne savent pas les utiliser. Avant même de se lancer, on savait que le contexte n’était pas le même, qu’il fallait devoir aider les gens, les former, leur trouver les bons outils et c’est ça qui nous a motivés… outre jouer avec une imprimante 3D pour moi un FabLab doit être un bac à sable, un terrain de jeu pour que tous sachent mieux maîtriser leur environnement: que ce soit s’imprimer son clips de meuble Ikea cassé, ou savoir utiliser skype ou son email correctement.
Le deuxième phénomène que nous avons observé et continuons de vivre est la profonde différence entre les attentes des gens et ce qui leur est proposé… je ne parles pas des ingénieurs, des barbus ou des développeurs qui ont l’habitude de travailler sur un ordinateur depuis des années, mais les gens normaux, vos parents ou grands parents, vos voisins, votre femme ou votre pote, qui ne sont pas des professionnels. Tous les jours nous voyons à quel point les outils sont peu adaptés, trop compliqués, trop complets et ne correspondent pas à l’attente du plus grand nombre.
Si nous devons avoir une mission c’est bien celle là, faire un pont entre deux mondes (celui des experts et des utilisateurs) qui se côtoient, s’auto-subissent mais au final se parlent très peu… faire en sorte que les outils soient adaptés et restent des outils (et non pas de boites magiques qu’on est obligé d’utiliser mais que l’on craint), proposer des ateliers adaptés pour les aider dans cette démarche, du matériel à un prix abordable ou récupéré, les emmener doucement mais sûrement vers une meilleure utilisation de leurs machines et les inciter à les ouvrir et à comprendre ce qui se passe dedans, les modifier, les adapter à leurs besoins.

Des soucis financiers…
Pour le RuralLab nous avons choisit d’employer le chemin inverse d’une association standard… les gens qui ont un peu de bon sens remplissent des dossiers de subventions, se font aider et ensuite se lancent. Nous avons décidé de faire l’inverse: monter le RuralLab et ensuite tenter de trouver un moyen de le financer (et nous aussi par la même occasion) pour une raison relativement simple. Autant le concept du FabLab urbain est plus ou moins simple à expliquer, celui du FabLab rural est en perpétuelle évolution, on répond aux besoins, on s’adapte et donc essayer de faire comprendre à ceux qui ont l’argent ce que c’est est une mission quai impossible. Aujourd’hui la structure existe, nous sommes ouverts (6 jours par semaine), accueillons le public, mettons à disposition matériel et compétences et c’est beaucoup plus facile à montrer ce que nous faisons, à expliquer notre rôle, notre place dans son environnement réel.
Avec Prototux on est sur le projet à temps plus ou moins plein depuis environ 6 mois… et depuis cette période, peu de rentrées d’argent, quelques bricoles à droite à gauche, pour mettre un peu d’essence ou acheter des trucs à manger, mais une situation très précaire… difficile, surtout quand comme moi je dois m’occuper seul d’une petite fille de 8 ans.
C’est difficile, c’est dur, certains jours sont stressants et les nuits sont courtes, mais c’est une décision que je ne regrette pas, d’abord parcequ’on voit tous les jours dans le monde réel ce à quoi servent nos efforts et ensuite parceque je reste persuadé que c’est une phase de transition.
Enfin j’espère que c’est une phase de transition, parceque on va pas pouvoir continuer à vivre comme ça en gratouillant des euros à droite à gauche pour se payer à manger.
Attention, je ne me plains pas, au contraire… ok c’est dur mais au moins je sais pourquoi je me lève tous les matins, pourquoi on se bat, on a du soutien de pleins de gens (et j’en profites pour leur envoyer à tous des bisous poilus) et on est confiant dans le concept et dans l’exécution.
Pour moi une motivation supplémentaire est de montrer à ma fille que fonder une structure qui rend un vrai service aux gens à un réel sens et lui donne à mon avis une autre vision de la société dans laquelle on vit, un peu plus utopique, plus difficile par certains aspects (elle attend son Furby violet pour son anniversaire qui arrive dans quelques mois et elle comprend dans les grandes largeurs la situation financière un peu précaire et ne semble pas s’en offusquer plus que ça…) mais c’est aussi pour elle que nous avons fondé le RuralLab, pour lui laisser un monde un peu moins cradoc, à notre niveau, avec nos capacités.

S’intégrer et se refaire une vie
Avec le RuralLab j’ai l’impression d’avoir enfin plus ou moins trouvé ma place dans le coin… après le foirrage intégral de mon entreprise, tout ça commence à prendre du vrai sens et à porter ses fruits. J’étais parti de la région parisienne pour deux raisons principales, d’abord un besoin de place criant, j’avais besoin d’espace, d’une plus grande grotte, de pouvoir faire du bruit, découper et souder du métal, pour la demoiselle avoir une vraie chambre, un bout de jardin, etc. La deuxième raison est plus personnelle, après la séparation avec la mère de la demoiselle, on avait besoin de mettre un peu de distance et surtout de retrouver un climat calme et plus sain, ce qui a aussi été chose faite.
L’étape suivante plus ou moins naturelle est pour moi d’essayer de trouver quelqu’un avec qui partager tout ça… je ne parles pas du ménage ou de la bouffe ou de donner la douche à la demoiselle (j’y arrive très bien tout seul comme un grand), mais j’avoue que de devoir tout faire tout seul est un peu pesant. Ma dernière expérience (qui date de presque 4 ans maintenant) a été des plus douloureuse et à laissé quelques traces, je ne fais donc rien pour essayer de me trouver la version féminine et représentation ultime de la barbitude (avec les poils aux bons endroits et de préférences pas sur le visage), mais j’avoues qu’un jour ou l’autre il faudra que je m’y mette. Trouver quelqu’un de sympa et curieux, pour partager un vrai projet de vie, pourquoi pas, c’est dans les cartons, reste à trouver maintenant les choses à mettre en place pour ça (à part me remettre au sport et perdre un peu de bide, je vois pas trop, arriver à dégager quelques heures dans mon planning aussi aiderait). Un projet en work in progress quoi…

Et LaGrotteDuBarbu bordel?
Alors oui la conséquence de tout ça c’est que malgré tous mes efforts mes journées ne font malheureusement que 24 heures et que je dois faire des choix parfois… on a des permanences longues au RuralLab (du mardi au vendredi de 10 à 18h, le vendredi soir jusqu’à 22h et le samedi et dimanche de 14 à 18h puisque notre but est d’être au maximum ouvert pour que les gens puissent venir à des horaires qui les arrangent) et il est difficile de trouver du temps ne serait ce que pour aménager le sous-sol, encore moins pour finir le déménagement de la grotte ou de tourner un épisode.
J’ai trois épisodes en cours de finalisation (le 118, 121 et 123) et énormément de projets d’épisodes vraiment mortels (pleins de croquis dans mes différents cahiers magiques, du matériel déjà acheté, stocké et prêt à servir) mais pour l’instant peu de temps.
Mon objectif principal est d’abord qu’on arrive à se payer un peu… et ensuite à finir le déménagement de la grotte, et libérer un peu de temps sur mon planning (au moins une demi journée par semaine) pour pouvoir grottifier correctement.
On c’est installé il y a deux mois, ça prend plus de temps que prévu mais les pièces du puzzle se mettent doucement en place et LaGrotteDuBarbu y a une place de choix.

FrostU avec MrSmith
On en parlais depuis un bout de temps avec l’ami Monsieur Smith (Freepodien psychopathe et animateur du podcast PodBox) puisqu’on partage l’amour des t-shirts zarbis et des goodies coolos, on s’est associé pour créer FrostU (un cri de barbare Norvégien – mal retranscrit en français) avec du matériel pour faire des chouettes tshirts sérigraphiés à la main.
Il s’occupe de la partie administrative et du business et moi je m’occupe de la sérigraphie.
Des nouvelles de tout ça dans pas longtemps, j’essayes de finaliser l’installation du matériel, câler les temps de pause, etc… mais ça va déglinguer sec, moi je vous le dis.

La campagne Ulule et les jolis goodies
Encore un merci poilus à tous les gentils barbus qui m’ont filé plein de pognon en 2013 pour la campagne de crowdfunding ur Ulule qui m’a permis d’acheter du matériel audio et vidéo pour le podcast et de stocker tous pleins de matériaux pour les futurs épisodes et ne vous inquiétez pas je ne vous ai pas oublié…
Le design de toutes les récompenses est finalisé et j’attends d’avoir finalisé l’installation de l’atelier de sérigraphie pour vous envoyer tout ça.
Je sais c’est TRES long et je m’en excuse, mais tout le monde recevra ce qui lui a été promis.

Un ebook sur le CrowdFunding
Un des projets sur lequel je travailles pendant un moment calme du matin (entre le dépôt de la demoiselle au car le matin à 7h52 et le départ au RuralLab aux alentours de 9h) est un ebook sur le crowdfunding, sur les plateformes de financement participatives, comment elles marchent, qui participe, pourquoi, comment les utiliser au mieux, comment créer votre campagne pour vous faire financer vos trucs… et où je parle de mon expérience mitigée avec cHTeMeLe (un succès d’estime mais un désastre financier).
Je suis en train de finir de l’écrire et il sera disponible en deux versions:
- une version libre en téléchargement pour tous, la version édulcorée, sans image et avec quelques chapitres en moins
- la version complète payante, sans DRM, avec des chouettes illustrations, des liens, des chapitres en plus et tout et tout.
Il sera dispo d’ici quelques semaines, dès que l’écriture, les corrections et la publication auront été faites… aucune idée du prix de vente de la version complète pour l’instant mais ce sera pas ruineux (autour de 3 euros à priori).

Tous les barbus sont les bienvenus
Pour compléter un peu ces propos, sachez que tous les barbus sont les bienvenus aussi bien au RuralLab, qu’à la maison… il y a de la place et ça fait toujours plaisir de rencontrer du monde et d’échanger avec des gens qui ont des valeurs communes (le partage, la curiosité, etc.) permet d’ouvrir un peu ses horizons, etc.
La maison est grande (bienque un peu froide en ce moment) et tous les barbu(e)s sont toujours les bienvenus, donc si vous passez dans le coin, avez un projet que vous n’arrivez pas à tacler ou juste voulez vous faire une petite bouffe ou boire un truc ensemble, pas de problème… n’hésitez pas, envoyer un email (malgré mes dizaines d’emails supra en retard à répondre) et on vous accueillera avec plaisir (je penses que Xavier, Roman et tous les autres barbus le confirmerons).

La barbitude vaincra
Voilà une année qui risque d’être sportive, animée, mais intéressante, voir même passinnante.
Toujours la même patate, voir même encore plus motivé que d’habitude, besoin de recâler un peu des trucs à droite à gauche, mais au final, je le sais, la barbitude vaincra.

Que la barbitude soit avec vous…

Revenu des auteurs – le rapport / la révolution de la publication des livres en marche – les chiffres

17 February 2014 par babozor

J’ai trouvé cet article via un lien sur le site BoingBoing, une de mes lectures journalières sur Internet… je l’ai lu et je me suis dit que c’était dommage que toutes ces données ne soient disponibles que pour un public anglophone. Voici donc ma modeste et vilaine traduction de l’article. Une lecture un peu longue mais des plus intéressante, qui j’espère vous éclairera sur le monde de l’édition en plein bouleversement. Il est à noter tout de même que tous les chiffres sont basés sur les ventes US, il n’existe pas (pas encore) de données pour les ventes en France. Je n’ai pas traduit les graphiques (par flemme principalement) mais je pense qu’ils sont suffisamment explicites

Revenu des auteurs – le rapport
article publié par Hugh Howey le 12 février 2014

Ce n’est pas un bien grand secret que de dire que le monde de l’édition change. Le vrai secret est quel est le changement. Les changements sont-ils profonds? Le changement est-il déjà passé? A quoi ressemble le futur?

Le problème avec ces questions est que nous n’avons pas les données qui pourraient nous donner des réponse fiables. Les distributeurs comme Amazon et Barnes & Nobles ne partagent pas leurs ventes d’e-books. Au mieux, ils commentent les cas extrêmes, ce qui est aussi utile que de partager les numéros gagnants du loto d’hier [lien].
Quelques auteurs ont rendu leur données de vente public, mais pas suffisamment pour se faire une idée réelle de la situation. Les seules données que nous avons en notre possession sont des sondages, lesquelles se reposent sur des méthodologies de sondage limitées et des analyses discutables [Lien].

Ce manque de données est frustrant. Si écrire votre premier roman est la partie la plus difficile pour devenir un auteur, essayer de savoir quoi faire après vient juste derrière. Manuscrit en main, certains auteurs décident de laisser des avances à six chiffres pour s’auto-publier [Lien]. Sont-ils fous? Ou abandonner à vie les droits sur son travail à l’ère du numérique n’est-il pas encore plus fou? Difficile de le dire.

Des preuves anecdotiques et des témoignages d’auteurs auto-publiés ont permit de penser que détenir les droits sur son travail est plus lucratif sur le long terme que de faire un deal avec un gros éditeur. Ce qui était une décision facile (s’il vous plait, n’importe qui, choisissez mon livre) est devenue aujourd’hui un choix qui empêche des auteurs de dormir la nuit. En tant que personne qui a décidé de décliner des offres extraordinaires (et après avoir douté largement de ce choix), j’ai attendu une plus grande transparence pour que les futurs auteurs puissent faire des décisions mieux informés. J’imagine que des écrivains établis qui considèrent leurs futurs oeuvres doivent avoir les même questions.

D’autres industries du spectacle parlent bien plus librement du revenu de ses praticiens. Les stars du sport, musiciens, acteurs – leurs salaires sont bien souvent discutés sur la place public. Cela est moins vrai des auteurs, et cela crait des attentes irréalistes pour ceux qui rêvent de choisir cette carrière. Aujourd’hui avec le besoin pour chaque auteur de choisir entre l’édition traditionnelle et l’auto-publication, la décision est encore pus difficile. On ne veux pas se planter tout juste avant d’avoir commencé.

Quand j’ai pris cette décision, j’ai du faire reposer mon raisonnement sur mes propres données de vente et rien de plus. Heureusement, j’avais rangé mes données de ventes journalières, pendant que mon travail avançait du top un million jusqu’au numéro 1 des ventes de Amazon. En utilisant ces chiffre, je pouvait corréler les données entre notes et ventes. Ce n’a pas été long avant qu’une douzaine d’auteurs auto-publiés partagent eux aussi leurs ventes à différentes positions de la liste des ventes, afin de rendre les revenus des auteurs pus transparents aux autres [Lien] [Lien]. Au fur et à mesure, il est devenus possible d’estimer relativement précisément combien un auteur gagnait juste en regardant sa position dans le classement des ventes [Lien].

Ces données nous permettent de résoudre une pièce de ce puzzle complexe. Le reste des pièces du puzzle a atteint ma boite de réception de mon email avec une force insoupçonnée la semaine dernière. J’ai reçu un message d’un auteur avec des capacités avancées de programmation qui avait créé un logiciel capable de capter les informations des listes des meilleures ventes et attraper des montagnes de données. Toutes ces données sont publiques – elles sont trouvables en ligne et tout le monde peut les consulter – mais jusqu’à présent cela était extrêmement difficile de les capter, agréger et organiser. Ce programme est capable de faire en une journée, ce qui nécessiterait des centaines de volontaires avec leurs navigateurs et leurs stylos une semaine à accomplir. Le premier essai permit de récupérer les données de pas loin de 7000 e-books des catégories les plus vendeuses sur Amazon. Les essais suivants ont permit de récolter des données sur 50 000 livres dans tous les genres. Vous pouvez demander à ces données des questions assez merveilleuses, questions que je me posais depuis plus d’un an [Lien]. Et maintenant nous avons des réponses.

Quand Amazon a annoncé que les livres auto-publiés représentaient 25% des ventes de son top 100, la réaction de la majorité des gens a été de penser que ceux ci étaient principalement des outliers. Nous entendons souvent que les auteurs n’ont aucune chance s’ils s’auto-publient et que la plupart de vendront qu’une douzaine de copies de leurs livres si ils le font. (Les même gens ne font jamais remarquer que toutes les meilleurs ventes sont des exceptions et que la grande majorité de ceux qui prennent la route de l’édition traditionnelle ne publient rien.) Maintenant, nous avons un ensemble de données suffisantes pour apercevoir la vérité. Ce qui a émergé, est selon ma vision, l’image la plus claire aujourd’hui de ce qui se passe dans la révolution de la publication. C’est difficile à absorber, mais je crois qu’il y a beaucoup à apprendre.

Le ratio de la valeur

Je vais commencer avec certaines des leçons les plus simples à appréhender de ces données. Nous conclurons ce rapport en regardant les profits des auteurs, mais je ne veux pas que cette bombe vous écarte d’autres observations aussi importantes.
La première chose qui m’a frappé quand j’ai ouvert l’email sont ces deux graphiques, que notre gourou des données avait placé côte à côte. Ce qui a accroché mon regard est leur corrélation inversée:

Graph1

Sur la gauche nous avons un graphique qui montre les notes moyennes des 7000 e-books (cf 1) qui se vendent le mieux. Sur la droite, nous avons un graphique qui montre le prix moyen de ces même 7000 e-books. Les deux graphiques répartissent les livres dans les cinq même catégories. De gauche à droite: Publication indépendante, Publication petite/moyenne, Publié par Amazon, les 5 gros éditeurs, auteur seul non catégorisé (cf 2).

C’est intéressant de voir que les travaux auto-publié dans ces données ont une note moyenne supérieure aux livres publiées par des grandes maisons d’édition. Il y a plusieurs raisons à cela, de la théorie conspirationniste (les auteurs s’auto-publiant achètent leurs avis), à celle communautaire (les auteur auto-publiés lisent et se notent plus favorablement les uns les autres) jusqu’à la théorie familiale (ce sont des amis et la famille qui écrivent ces avis). Mais le nombre impressionnant d’avis pour la plupart de ces livres (plus d’une centaine en moyenne sur toutes les données collectées) font que ces théories semblent fantaisistes. Comme j’ai pu le voir avec mon propre travail, et comme j’ai pu le voir avec d’autres livres qui se propagent de façon organique, les ventes arrivent avant les avis, pas après. Il y a un certain nombre d’explications plausibles, pour la moitié d’étoile de différence dans les avis, et une m’est particulièrement sauté aux yeux, en regardant ces deux graphiques côte à côte.

Notez la petite barre dans le premier qui correspond à la grande dans l’autre. Est-il possible que le prix ait un impact sur les avis d’un livre? Réfléchissez à deux dîners que vous pourriez avoir: le premier est un steak à 10$, le deuxième est plus ou moins le même steak qui couterait quatre fois plus cher. Une expérience identique dans les deux restaurants pourrait donner 4 étoiles pour le dîner à 10$ et une seule étoile pour le restaurant à 40$. Cela est dû au fait que la satisfaction globale du client est un rapport entre la valeur reçue et le montant dépensé. De quelqu’un qui lit aussi bien des oeuvres auto-publiés que traditionnels, je peux vous dire qu’il est aujourd’hui de plus en plus difficile de faire la différence entre les deux. La plupart des lecteurs ne savent pas et se fichent de comment et par qui le texte a été publié. Ils savent juste si ils aiment l’histoire et combien ils ont payé. Si ils paient le double pour un livre publié traditionnellement, quelle expérience est-elle la mieux notée? Celui qui a le meilleur ratio évidemment.

Ceci pose une question intéressante: Est ce que les maisons d’édition perdent de l’argent sur le long terme en maintenant leurs livres à des prix élevés? Ne sont-ils pas en train de faire baisser le ratio valeur / coût et donc créer des avis moyens plus bas pour leurs auteurs et leurs produits? Si c’est le cas, cela doit avoir une influence sur les ventes à long terme, et gardez à l’esprit que les e-book ne s’épuisent pas comme les versions physiques d’un livre. Est-il possible, qu’en échange de profits immédiats, les éditeurs craient des avis et des produits moins bons? Comme les avis et notes des e-books sur Amazon s’appliquent aussi aux versions physiques des livres, cette politique de prix finit par affecter négativement l’édition papier, que les prix élevés des e-books sont censés protéger [Lien].

Il est assez commun ces jours-ci d’entendre que la qualité générale des travaux auto-publiés font du mal à la littérature en général. Je m’oppose à cette notion avec la mienne: Augmenter les prix des e-books, au delà du prix du marché de masse des livres a un effet bien plus délétère sur les habitudes de lecture. Les livres ne sont pas seulement en compétition les uns avec les autres, mais avec tout ce qu’un lecteur peut avoir à faire pendant son temps. Créer une expérience pauvre est un moyen de perdre des lecteurs, pas un moyen de protéger l’édition physique ou un magasin. Des prix élevés sont un moyen rapide et facile de créer un expérience de lecture non satisfaisante, ce qui fait du mal à tout le monde.

Des prix élevés sont aussi un moyen de faire fuir les consommateurs vers d’autres, en particulier des livres moins chers. Plutôt que servir et protéger l’édition, les éditeurs sont en train de créer un marché pour les travaux auto-publiés. Pratiquer des prix abusifs n’est pas la seule manière dont les grandes maisons d’édition nourrissent la révolution de l’auto-publication. Dans ce qui suit, nous allons voir des chiffres de ventes dans les genres à succès et voir, comment des marchés à forte demande mal exploité a permit la création d’une nouvelle source de livres.

Ecouter la demande des lecteurs

Le prochain graphique montre le pourcentage d’e-books par genre sur la liste des meilleurs ventes d’Amazon selon comment ils ont été publiés.

Graph2

La liste des meilleurs ventes utilisées a été Policier/Thriller, Science Fiction/Fantasy et Romance. Tous les sous-genres dans ces trois catégories principales ont aussi été inclus. Pourquoi choisir ces genres? Parce que ce sont les plus populaires parmi les lecteurs. Notre gourou des chiffres a fait parcourir son programme les listes des meilleures ventes et ces trois genres représentaient 70% du top 100 sur Amazon et plus de la moitié du top 1000 (cf 3). Les futurs rapport s’intéresseront à toutes les oeuvres de fiction, mais pour l’instant nous avons décidé de partir avec des données plus simples, qui capture la vaste majorité de ce que les lecteurs lisent.

Ce que ce graphique montre est que les petits éditeurs et éditeurs indépendants dominent le marché des meilleurs ventes sur Amazon. On voit bien que la demande des lecteurs pour plus d’oeuvre de ce genre n’est pas rempli par les maisons d’édition traditionnelles. Dans les conseils donnés aux aspirants écrivains, on entend souvent “écrivez dans le bon genre”. Et ici nous voyons le potentiel de vente de ce conseil.

En regardant en arrière vers la comparaison prix / avis et au graphique au dessus, nous pouvons résumer que les principaux éditeurs devraient publier plus de livres dans ces catégories, en les faisant payer moins cher. Cette sagesse a été acquise par la communauté des auteurs indépendants depuis longtemps. Les éditeurs doivent se tenir au courant, alors que les prix ont commencé à décliner l’année dernière [Lien] ou que des éditeurs comme Simon & Schuster ont annoncé des sorties dans de nouveaux genres [Lien]. Nous espérons que ces données permettent d’accélérer le mouvement, pour le bénéfice des lecteurs et des auteurs nouvellement signés dans des maisons d’édition.

Maintenant regardons ce graphique:

Graph3

Encore un fois les données de ventes journalières sont estimé par le classement des ventes, venant de la part d’une douzaine d’auteurs qui ont noté la corrélation entre rang (dans le classement des ventes) et ventes par jour (les deux auteurs de ce article font partie de ces auteurs)(cf 5). Des faits évidents nous sautent immédiatement aux yeux. La première est que Amazon a une force incroyable pour promouvoir ses propres travaux, ce qui n’a rien de surprenant, en sachant que c’est leur propre magasin. Nous voyons d’après les deux graphiques que 4% des titres représentent 15% des ventes, c’est impressionnant. C’est une moyenne d’unités vendues quatre fois supérieure à la norme. Maintenant regardez les ventes des grandes maisons d’édition, qui avec tous leurs efforts marketing, et leurs marques reconnues finissent avec une moyenne de vente relativement moyenne de 1,2.

L’autre fait notable de ce graphique est que les auteurs indépendants vendent plus que les grandes maisons d’édition. Combinés. Les indépendants et petits maisons d’édition font la moitié des ventes d’e-book dans les genres les plus populaires et les plus vendus sur Amazon. Au lieu de confirmer ces trouvailles, ma première réaction a été de les rejeter. Sans aucun doute elles devaient être fausses. Je me suis donc plaint à notre gourou des données que nous ne regardions que les ventes de e-book. Quel pourcentage de tout le marché de la lecture cela représente-t-il? Le gourou des données me répondit que cela était une question facile à répondre. Vous ne croirez jamais ce qu’il a trouvé.

Tout ce que vous savez sur les e-book est faux.

Les experts? Ils n’ont aucune idée. Ce n’est pas complètement de leur faute, c’est juste que les données sur lesquelles ils travaillent sont fondamentalement fausses.

Vous devez avoir entendus par d’autres rapports que les e-books représentent 25% de toutes les ventes de livres. Mais ces chiffres sont basés uniquement sur les chiffres annoncés par les principaux éditeurs. Les distributeurs d’e-book comme Amazon, Barnes & Nobles, Kobo, l’iBookStore et Google Play ne communiquent pas leurs ventes. Ce qui veut dire que les livres auto-publiés ne sont pas pris en compte dans ces 25%.

Il en est de même pour les petits éditeurs, les maisons d’éditions uniquement en e-book, ou l’impression à la demande. Ce serait comme le Commité des Cookies qui crérait son rapport sur la base de réponses données par quelques Scouts, et ensuite annonçant que 25% des ventes dans le monde entier était des cookies à la menthe. Mais ce n’est pas la réalité. Ils regardent juste les ventes des Scouts, et encore seulement de quelques troupes. Toutes les données d’acceptation des e-books communiquées jusqu’à présent suivent le même schéma. On regarde un petit coin au lieu de voir l’image toute entière. (il est aussi à noter que notre propre rapport est limité dans le sens où nous ne regardons qu’Amazon – choisi car c’est le plus grand marchand dans le monde – mais nous reconnaissons et acceptons cette limitation, et nous planifions de faire des rapports plus complets dans le futur)

Il y a une autre et aussi importante raison de douter du chiffre de 25% de pénétration des e-books: les autres 75% prennent en compte les livres scolaires, manuels, livres de cuisine, livres pour les enfants et toutes les autres catégories qui sont aujourd’hui relativement tranquilles de la concurrence du numérique (pour l’instant). Le support physique reste le canon dans ces catégories, mais ce ne sont pas les livres auxquelles tout le monde pense quand ils entendent les pourcentages. La part de marché des e-books est en général évoqué dans le contexte de la liste des meilleurs ventes du New York Times, les romans et livres non fictionnels trouvables dans librairies. Si nous regardons uniquement ce marché, les e-books risquent de représenter au moins 50% des ventes actuelles (certains éditeurs vont même plus loin [Lien]). En ajoutant les auto-publications et en limitant cela aux oeuvres de fiction, on doit arriver à 70% du marché, mais cela ne peut pas être juste, pas vrai?

J’ai demandé à mon gourou des données si nous pouvions en avoir une idée. Pouvons nous regarder la liste des meilleures ventes et compter cela par format? Bien sûr nous ne pourrons regarder que sur Amazon qui a tendance à tirer vers les e-books – mais pour se répéter, nous regardons le plus grand magasin du monde, aussi bien en impression papier, qu’électronique. Faire une première étude de cette sorte sur un plus petit distributeur serait bien moins idéal. gardez donc cela à l’esprit.

Nous avons donc analysé les listes des meilleures ventes d’Amazon dans plusieurs catégories et utilisé le logiciel pour capter la description du type de format: format standard, poche, e-book, audio-book, et voici ce que nous avons trouvé:

Graph4
Graph4bis

Vous suivez toujours? Il s’avère que 86% des ventes des 2500 meilleurs ventes sur Amazon sont des e-books. En haut de la liste, la dominance des e-books est encore plus extrême. 92% des 100 meilleurs ventes dans ces genres sont des e-book.

Ouch… donnons nous un peu le temps pour assimiler tout ça, et regardons les revenus des auteurs. On s’attendrait à ce que les principaux éditeurs font que cette part augmente plus que de diminuer, ils se font des profits records [Lien] mais ce ne sont pas les grands gagnants qui émergent de ce rapport. La vrai leçon de l’auto-publication arrive sous peu.

Ecrire ne payes pas?

C’est une chose que beaucoup ont ressentis. Les indices sont tout autour de nous, mais les preuves restent élusives. Cela a été raconté dans des forums en ligne, dans des groupes privés facebook, dans des conventions d’édition, et dans les commentaires des articles de l’industrie. Les auteurs affirment se faire plus d’argent en auto-publication qu’ils n’en ont fait en une décennie de publication traditionnelle, le plus souvent avec les même livres [Lien]. J’ai personnellement entendu d’un millier d’auteurs qui se font plusieurs centaines de dollars par mois, avec leurs travaux auto-publiés. J’en connais qui gagnent quelques milliers par mois, même certains qui se font quelques centaines de milliers de dollars par mois. Ces extrêmes m’intéressent moins que les auteurs moyens, qui maintenant arrivent à payer quelques factures avec leurs travaux.

Mon intérêt dans cette histoire a commencé quand je suis devenu une aberration dans le domaine. Quand les médias principaux ont commencé à me demander des interviews, je pensait qu’ils tentaient d’enterrer le vrai sujet. Ma vie avait vraiment changé des mois auparavant, petit à petit, ici et là. Et cela arrivait à de plus en plus d’écrivains tous les jours. Mais cette histoire avait tendance à se faire enterrer par les grands titres de ceux qui avaient subi un changement extraordinaire (comme le mien)..

Avant de révéler les prochains résultats de notre étude, gardez à l’esprit que l’auto-publication n’est pas une mine d’or. Ce n’est pas une arnaque pour devenir riche en peu de temps. Il n’existe pas de raccourcis, juste beaucoup d’efforts et un peu de chance. Ceux qui s’en sortent bien passent un nombre incalculable d’heures à travailler pour publier plusieurs livres par an. Ils font cela tout en gardant un travail alimentaire, jusqu’à ce qu’ils puissent éventuellement s’en passer. C’est aussi vrai des auteurs qui gagnent quelques centaines, voir quelques milliers d’euros par mois. Gardez ceci à l’esprit. La beauté de l’auto-publication est la propriété et le contrôle de votre travail. Vous pouvez trouver le bon prix, engager l’éditeur et l’artiste pour votre couverture avec qui vous voulez travailler, publier aussi souvent et dans les genres que vous souhaitez, donner des livres gratuits, et profiter d’une relation directe avec vos lecteurs. Ce n’est pas fait pour tout le monde, mais vous allez trouver une bonne raison pourquoi de plus en plus d’auteurs considèrent ce choix comme une option valable.

Voilà ce que notre gourou des données a trouvé lorsque il a utilisé les données de vente par rapport au classement dans le top 7000 des livres les plus vendus sur Amazon aujourd’hui:

Graph5

Les gros éditeurs semblent bien s’en sortir, n’est ce pas? Quand il s’agit de ventes , ils ramassent la moitié du gâteau. Rappelez vous, qu’ils ne représentent qu’un quart des livres vendus. Gardez aussi à l’esprit qu’ils ne reversent que 25% des revenus net à l’auteur. En comparaison, les auteurs auto-publiés sur la plateforme d’Amazon gardent 70% du prix payé (cf 6). Regardons maintenant les revenus vu par les auteurs

Graph6

C’est une inversion complète. Les auteurs indépendants gagnent la moitié des revenus des auteurs pour les oeuvres de fiction sur Amazon. Presque la moitié. Le prochain graphique explique pourquoi:

Graph7

Le bleu représente les revenus des auteurs. On peut clairement voir que pour les éditeurs traditionnels, l’éditeur gagne deux fois plus que l’auteur de la vente d’un e-book. Gardez aussi à l’esprit que la marge de profit de l’éditeur est supérieur sur les e-book que sur les livres traditionnels [Lien]. Cela veut dire que l’auteur reçoit un pourcentage plus faible, pendant que l’éditeur prend une part plus large. C’est sans prendre en compte le fait que les e-books ne nécessitent pas d’impression, de stockage ou de logistique d’envoi. Le résultat est que les auteurs auto-publiés en tout récupèrent 50% de profits en plus par rapport au système d’édition traditionnel, même si leurs ventes globales sont moitié moins importantes.

Avant d’avancer, passez un peu de temps sur ce graphique. Vous trouvez ici tout ce qui doit changer dans le monde de l’édition. Lecteurs et écrivains devraient en prendre bonne note.

Petit note sur comment nous calculons les revenus des éditeurs traditionnels dans le graphique ci-dessus. Ces nombres sont basés sur les estimations globales de ventes pour les e-books (revenus net de l’éditeur d’environ 80% du prix d’Amazon). Cette estimation pourrait être mauvaise de 10% dans un sens comme dans un autre, mais même si nous ajustions ce prix à 120% du prix public (ce qui voudrait dire qu’Amazon perd de l’argent sur chaque vente d’e-book traditionnel vendu) les auteurs indépendant arriveraient quand même vainqueurs. Une autre observation intéressante pour les genres les plus vendus, Amazon génère presque autant de revenus des e-books indépendants que des éditeurs traditionnels.

Il faut aussi garder à l’esprit que cette étude ignore la longue traine de a publication. Nous regardons seulement les 7000 meilleurs ventes, ce qui représente les offres les plus populaires des auteurs auto-publiés ou édités traditionnellement, ce qui rend la comparaison juste. D’autres études ont comparées tous les travaux auto-publiés, aux oeuvres passant par la route traditionnelle des agents et éditeurs. Cela veut dire, ils ont comparé le top 1% des titres traditionnels par rapport à tous les titres auto-publiés. Regarder les meilleurs ventes permet d’éviter cette erreur. Ici nous avons 7000 titres qui se vendent tous les jours, ce qui permet aussi de sortir des cas atypiques et de s’intéresser à la moyenne et au phénomène au sens large. Regardons maintenant comment “Oncle Sam” pense de tout cela.

Tranches d’imposition

Nous avons vu que les auteurs auto-publiés gagnent plus d’argent dans les e-book de genre que les auteurs des publications traditionnelles. Mais combien exactement? La chose suivante que nous voulions évaluer sont les revenus annuels de vente d’e-book pour tous ces auteurs, en se basant sur les ventes journalières sur Amazon. Nous avons placé donc chaque auteur dans une des 7 tranches d’imposition. Les résultats, une fois de plus, sont ébouriffants.

Graph8

Les auteurs indépendants surclassent les auteurs publiés traditionnellement dans toutes les tranches, sauf une, et la différence augmente quand vous quittez les tranches les plus élevées. Même dans ces cas exceptionnels, pour les tranches les plus élevées, les auteurs auto-publiés s’en sortent mieux. La répartition est difficile à visualiser, mais elle se fait ainsi: 10 auteur indépendants, 8 auteurs publiés par Amazon, et 9 publiés par des maisons d’éditions traditionnelles. Les revenus plus importants et autres avantages, comme le prix, semblent contre-balancer l’expérience et la puissance marketing que les éditeurs traditionnaux déploient. C’est quelque chose que beaucoup suspectaient, mais qui maintenant peut être confirmé.

Evidemment nous avions toujours un doute, même après avoir vu les résultats. Notre première pensée était que les meilleurs auteurs auto-publiés peuvent publier plus d’un livre par an, pendant que les auteurs sous contrat sont limités par des clauses de non-conccurence ou par des cycles de publication qui empêchent les multiples publications à un moment donné. Il est fort probable, que les auteurs indépendants gagnent plus, simplement parcequ’ils ont plus de livres à vendre. Cela ne vient-il pas tordre nos résultats? Nous avons lancé une autre recherche pour trouver, à notre grande surprise, qu’une poignée d’auteurs seulement bénéficie de cet effet. La plupart des auteurs auto-publiés gagnent en moyenne plus d’argent sur moins de livres:

Graph9

Cela suggère aussi que les différences de revenus ne vont que s’accroitre avec le temps, quand les auteur auto-publiés se construiront des catalogues plus importants. Nous espérons répondre à ces questions en lançant une étude similaire tous les trimestres, pour suivre les mouvements. Pour le moment, les données de cette étude ont été anonymisés en enlevant le titre et nom de l’auteur et est disponible en téléchargement à la fin de ce rapport. En modifiant les valeurs dans les cases jaunes du document, vous pouvez jouer avec les données vous même. Notre but ici est une ouverture complète et inviter les réactions de la communauté. Il faut aussi se rappeler que la totalité de notre base de données vient de données publiques et disponibles pour tous, ce qui rajoute une dimension de transparence et de reproductibilité. L’information était là, en attraper une quantité suffisante demandait seulement quelqu’un comme mon co-auteur de s’y atteler.

Un choix plus facile?

Choisir comment publier est devenu un choix difficile pour l’auteur moderne. Ce choix est devenu plus difficile alors qu’il existe plus d’options, et avec des études conflictuels qui sortent sur combien les auteurs peuvent espérer gagner. Notre observation est que beaucoup de ces études sont imparfaites, d’abord par la méthode de collecte de données, les sources de données, et parfois leurs interprétations biaisées. Notre peur est que les auteurs se vendent trop vite et prennent de mauvaise décisions basées sur des données erronées. C’est le but principal du combat pour une transparence des revenus: aider de futurs auteurs à choisir le chemin qui est le meilleur pour eux. Un but secondaire est de faire pression sur les éditeurs pour une meilleur répartition d’une nouvelle et lucrative source de revenus. En circuit fermé, en ne proposant que 25% des revenus net aux auteurs, ce n’est pas seulement injuste, mais pas une solution viable, quand de plus en plus d’auteurs iront vers l’auto-publication.

Bien sûr l’auto-publication n’est pas fait pour tout le monde. Il n’y a pas de bonne ou mauvaise façon de publier son oeuvre, le chemin pris dépend entièrement des souhaits de l’auteur en terme de carrière et de retour espéré. Alors que le marketing revient de plus en plus vers l’auteur, et que les auteurs auto-publiés se professionnalisent en employant éditeurs freelance et artistes de couverture émérites, les comparaisons de revenus dans notre étude suggèrent une conclusion controversé: les auteurs de genre sont bien mieux financièrement en auto-publication, peu importe le potentiel de leur manuscrit.

Considérez les trois possibilités principales pour une oeuvre de fiction non publiée:

La première possibilité est que le travail n’est pas bon. L’auteur ne peut pas le savoir avec certitude, il en va de même pour l’éditeur, l’agent ou l’épouse. Seuls les lecteurs dans leur ensemble savent… Mais ce qu’on pourrait appeler de manière simple et un peu cruel un “mauvais” manuscrit n’a que peu de chance de passer par un agent et un éditeur. Pour l’auteur, ses travaux sont bien mieux auto-publiés sur le marché, sans contrainte. Il y a de grandes chances qu’elles disparaissent, n’étant jamais massivement lues, mais au moins elles ont une chance. Pour ceux qui pensent que ces titres vont encombrer et gêner les autres livres, ils ignorent les vastes quantités de livres publiés traditionnellement, ou le fait que des milliards de blogs ou sites auto-publiés ne nous empêchent pas de naviguer sur Internet, trouver ce que l’on cherche, ou partager quelques merveilles avec d’autres.

La seconde possibilité pour un manuscrit est qu’il est moyen. Un manuscrit moyen peut avoir de la chance et trouver un agent. Il peut être chanceux une deuxième fois et arriver sur les genoux du bon éditeur et de la bonne maison d’édition. Mais peut être pas. La plupart des manuscrits moyens ne sont jamais publiés. Ceux qui y arrivent quand même, passent quelques mois sur une étagère de magasin, retournent chez l’éditeur et disparaissent. Les ventes de l’auteur ne remboursent pas l’avance versée et il est libéré de la maison d’édition. L’industrie est remplie d’histoires identiques. Nos données nous montrent de façon plutôt concluantes que les titres de milieu de liste gagnent plus en auto-publication qu’en publication traditionnelle, et cet avantage s’accroît plus on va dans les tranches basses (ce qui veut dire quand on s’éloigne des plus grands livres à succès). Il est bon aussi de rappeler que les auteurs auto-publiés touchent plus d’argent sur moins de livres disponibles. Nos données supportent une vérité que je rencontre régulièrement, quoi que anecdotique: de plus en plus d’auteurs payent aujourd’hui des factures avec leur art, plus en tout cas qu’à aucun autre moment de l’histoire de l’humanité.

La troisième et dernière possibilité est que le manuscrit en question est très bon. Un Home Run. Le genre d’histoire qui se propage comme une trainée de poudre. (Certains appellent ces manuscrits “première classe”, mais des notions de classes sont plutôt blessantes, non?) Quand reconnus par des experts de la publication (ce qui n’est en aucun cas une garantie), ces manuscrits sont récupérés par un agent et vendu aux enchères aux maisons d’édition. Les avances comportent en général cinq ou six zéros. Ces oeuvres sont massivement promues, et si l’auteur est chanceux, il pourra en faire son métier, et publier une douzaine ou plus de best-sellers dans sa vie. Vous pouvez presque nommer tous ces auteurs contemporains sans broncher. Nous aimons tous à penser que notre manuscrit est un de ceux-ci. Et de cette aspiration vient la décision fatale de ne pas s’auto-publier.

Pourquoi cette décision est-elle fatale? Nos données montrent que même les meilleurs manuscrits marchent mieux en auto-publication. Ces auteurs hors du commun, font déjà mieux en auto-publication en les comparant aux autres passés par les chemins traditionnels. Prenez maintenant en considération que les plus grands auteurs, ceux qui ont les plus grandes capacités, le plus d’expérience ne sont pas encore en auto-publication. Quelle sera la forme de nos graphiques une fois que les nouvelles stars de l’écriture se dirigent tout droit vers l’auto-publication? Que deviendra-t-elle quand certains auteurs auto-publiés auront dix ans d’expérience? Quand est il quand certains auteurs regagneront les droits sur leurs oeuvres précédentes? Ou que certains des meilleurs vendeurs décident de publier des livres dans d’autres genres? [Lien] [Lien] [Lien] A quoi vont bien pouvoir ressembler ces graphiques? Nous avons hâte de voir tout ça.

Pensées finales

Ce qui est présenté ici n’est qu’un instantané de la révolution de la publication, au jour d’aujourd’hui. Cette révolution n’est pas finie. Ces rapports peuvent être émis du moment qu’un classement est disponible. Notre espoir est que l’avenir amènera plus de transparence, pas moins. Les aventures d’autres artistes dans d’autres genres ont des données bien plus importantes et les praticiens de ces arts qui aspirent à les suivre peuvent prendre des décisions en étant bien mieux informé. Les attentes de ces artistes et athlètes sont construits sur des chiffres solides, que les écrivains professionnels n’ont pas encore.

Notre but ambitieux est de changer cela, mais nous ne pouvons le faire seuls. Et donc nous espérons que d’autres feront leurs propres rapports et analyserons nos données. Nous espérons qu’ils partageront leurs découvertes, et que cela engagera encore d’autres discussions. Nous nous attendons à ce que beaucoup ne soient pas d’accord avec notre analyse. Nous nous attendons aussi à ce que des failles soient découvertes dans nos analyses, ou dans notre méthodologie. Découvrir ces failles nous permettront d’accéder à de meilleurs données, et nous attendons avec impatience ce processus.

Si je devais deviner de quoi sera fait le futur, je dirais que le monde de la littérature a des beaux jours devant soi. Etre arrivé aussi loin dans un laps de temps aussi court est caractéristique. Nous acceptons les changements dans d’autres médias – l’absence de tours de CD derrière nos stéréos, le nombre décroissant de gens qui regardent la télévision en direct, ce moment désormais presque perdu de découvrir des photos argentiques imprimées pour la première fois. Il y aura des victimes dans l’industrie de la publication alors que les mécanismes de livraison des histoires changent. Il y a déjà eut des victimes. Mais il y a aussi des opportunités. Et aujourd’hui, les bénéfices bougent vers les lecteurs et les auteurs. Parlant en tant que lecteur et auteur, je trouve que c’est une bonne chose. Je m’étonne toujours de voir certains se battre pour des prix supérieurs pour les consommateurs et des prix inférieurs pour les auteurs, afin de protéger un modèle dépassé. Ce modèle doit changer.

Les éditeurs peuvent encourager ce mouvement en baissant le prix de leurs e-books. Les records de marges qu’ils gagnent aujourd’hui est certes séduisant, mais le faire au détriment des auteurs, n’est pas tenable. Les studios hollywoodiens ont dû capituler devant leurs scénaristes quand les possibilités de distribution numériques se sont étendus. Les éditeurs vont devoir payer les auteurs un prix raisonnable pour les ventes d’e-books. 50% des profits pour l’auteur semble une bonne base de départ. En faisant cela, ils éviteront de perdre des manuscrits de qualité, catalogues et talents. Si les éditeurs s’occupaient plus de leurs auteurs et travaillaient plus à satisfaire leurs clients, ils verraient leurs notes remonter et leurs ventes augmenter. Ils verraient plus de gens passer plus de temps à lire un livre, que de jouer aux jeux vidéos ou sur Internet. Et de cela, l’industrie des éditeurs tout entier, aussi bien ceux qui aiment lire, et ceux qui espèrent vivre de leur écriture, en bénéficieront.

1 – Le barème prend en compte les notes maximales et minimales observées. Presque tous les livres dans nos données a au moins 3 étoiles, ce qui rend la différence entre les notes deux fois plus précis qu’une différence de 5 points pourrait nous apporter.

2 – Ceux ci peuvent être des auteurs auto-publiés ou des petits éditeurs. Déterminer la catégorie exacte demanderais de vérifier en ligne lequel est qui. Seul les 1000 livres les plus vendus ont été vérifiés, le travail étant devenu arasant et sans réel intérêt.

3 – De tous les 1000 livres les plus vendus, ces trois genres représentaient 57% des titres. La raison de la chute (70% pour le top 100) est que beaucoup d’éditeurs ne catégorisent pas leurs livres correctement, ne les mettant pas dans les bons sous-genres, mais les laissant dans la catégorie mère. Un rapport futur devrait pouvoir mieux les classer et pouvoir commenter pourquoi les éditeurs aiment perdre de la visibilité en ne rangeant pas leurs titres dans les bons sous-genres.

4 – Alors que nous publions cet article, les 50 000 titres les pus vendus nous révèlent que 69% des ventes journalières vont aux fictions de genre, 22% aux titre non fictionnels, 5% fiction et littérature, 3% aux livres pour enfants, pendant que les BD et livres étrangers se partagent le dernier pour-cent. Nous sommes donc confiant que notre analyse regarde la plus grande majorité des livres vendus dans le plus grand magasin du monde.

5 – Le ventes journalières d’Amazon peuvent être trouvées dans des endroits divers, comme ici, ici et ici. En fonction des sources, le modèle change, mais pas assez pour affecter les résultats. Gardez à l’esprit que les sommes et les ventes exactes n’ont pas de rapport avec le ratio et les pourcentages donnés. Un changement dans u de ces nombre impact les livres dans leur ensemble, donc l’image de comment les auteurs s’en sortent ne change pas suivant le mode de publication. Ces valeurs de ventes journalières sont modifiables dans notre fichier, qui contient toutes les données collectées, au prix imbattable de zilch.

6 – Pour les oeuvres au dessus de 2.99$ et en dessous de 9.99$, Amazon prend une commission de 30% et laisse 70% à l’auteur auto-publié. Pour tous les travaux en dessous ou au dessus de ce prix, la commission est de 35% ce qui laisse 65% à l’auteur.

7 – ceux qui proviennent de la communauté des auteurs indépendants qui craignent qu’Amazon ne se retournent contre eux ou changent les structures de royalties peuvent se sentir réconforter dans le fait qu’ils sont bien plus puissants qu’ils ne le pensaient. De plus: les 30% qu’Amazon prend pour distribuer leurs travaux est plus que les 20% (ou moins) que l’industrie traditionnelle risque de les payer. Au lieu de s’inquiéter de la réduction des 70%, les auteurs indépendants devraient se demander quand se chiffre va augmenter.

Mon avis:
Cet article est particulièrement intéressant, il éclaire d’un jour nouveau, en apportant des données solides la révolution qui entoure le monde de l’édition. Comme d’autres domaines avant eux, l’édition traditionnelle essaye de se battre contre le changement, fait passer des lois pour protéger ses profits, plutôt que de tenter de s’adapter.
Cet article est d’autant plus intéressant que je suis en ce moment en train de finir d’écrire un livre “Le guide (essentiel mais pas indispensable) du CrowdFunding” et que j’avais décidé de l’auto-éditer, de proposer une version dégradée en Creative Commons et de vendre la version finale (je n’ai pas encore de prix précis mais ça devrait tourner entre 2 et 4 euros)… et il sera distribué uniquement en version numérique (sous pleins de formats: ePub, Mobi, Pdf, etc.). Cela me conforte dans mon choix de l’auto-édition de ce premier livre.
Un exemple de plus s’il n’en faut que si on court-circuite les intermédiaires, les producteurs et consommateurs en profitent.
Votre avis sur cet article et les conséquences m’intéressent, donc n’hésitez pas à balancer des commentaires.

LaGrotteDuBarbu – Episode 122 – TableAggloDirestaStyle

27 January 2014 par babozor

Cette semaine un petit épisode en hommage au maker psychopathe Jimmy DiResta (sa chaine YouTube est visible ici) avec la fabrication de cette table en plaque d’agglo pour le RuralLab

Un épisode à la barbare… où je fabrique une table pour ma scie à onglet (un de mes outils favoris) pour installer la zone de fabrication au RuralLab.
J’ai donc fait avec le matériel que j’avais sous la main, à savoir pleins de plaques d’agglo récupérés par un gentil barbu qui travaille dans une imprimerie, une scie circulaire, une perceuse et des vis.
Le design de la table m’a été conseillée par l’ami Hubert et le concept marche bien
Des vis trop longue coupées à la barbare à la meuleuse…

comme d’hab insultes et commentaires bienvenus