30

[Coup de gueule] Appel à projet du ministère sur les FabLab, où comment nous nous sommes faits “fleurettifiés”

Il y a de cela quelques mois, avec l’ami Prototux, nous avons décidé (après des mois de préparation) de monter un projet de FabLab rural, le RuralLab… un truc un peu fou, mais qui semble répondre à un vrai besoin, dans une zone désertifiée par le numérique et à l’abandon des grande zones industrielles, à Néons sur Creuse dans l’Indre.
Le RuralLab est aujourd’hui ouvert (enfin depuis un peu plus de 2 semaines)… nous accueillons du public, organisons des ateliers d’initiation, et continuons à aménager le lieu, pour tenter de proposer plus de choses, du matériel, des outils, des conseils, des formations, sur tout ce qui touche de près ou de loin au numérique, la bidouille, le recyclage et toutes ces choses qui sont au coeur du DIY, des hackerspaces et des FabLab.
Il y a de cela quelques jours, vendredi dernier, nous avons enfin reçu (via twitter, puisqu’encore aujourd’hui aucune réponse officielle ne nous est parvenue) la réponse à notre candidature d’un appel à projet de financement par l’Etat de FabLabs… et notre projet ne fais pas parti des 14 élus (et on l’évoque sur le blog du RuralLab ici).
Passé la profonde déception, on discute avec les amis d’autres FabLab, on se renseigne sur les 14 heureux projets et là c’est un peu gerbouille qui commence à s’installer.

Petit précision, je parle en mon nom propre, en aucun cas au nom du RuralLab, de l’association ou des fonctions que j’occupe en son sein (à savoir FabManager et Trésorier).

Un dossier préparé à l’arrache (mais solide…)
C’est complètement par hazard que j’ai découvert cet appel à projet, puisque c’est un ami du Limouzilab qui m’a interpellé par email et sur twitter, qui m’avait fait découvrir ce document… Un appel à projet du ministère du redressement progressif avec comme objectif d’aider à financer les projets de FabLab. En un mot génial, on était en pleine phase de conception de notre projet, ça ne pouvait pas tomber mieux… seul problème l’appel est lancé le 25 juin et est à remettre le 13 septembre, plus ou moins deux mois en pleine période de vacances, pour finir le dossier, contacter les institutionnels locaux, les industriels, etc. Moi j’ai la patate et je me dis que ce serais trop bête de louper l’occasion de se faire financer et pour une fois que l’Etat semble vouloir aider réellement un mouvement en marche, lui donner un coup de boost, on en profite, on prend son baton de pellerin et on va embêter tout le monde.
Je vais pas vous saouler avec ça, mais c’est un gros dossier à monter, des chiffres, un gros document de 20 pages à pondre (qui d’ailleurs est disponible à la vue de tous ici pour notre projet) on a lutté un peu, mais on a remis notre dossier en temps et en heure.
Déjà à cette étape on avait des doutes, on savait qu’on était un projet un peu bizarre, loin des trucs parisiens et des grosses villes, on fait pas parti d’un groupement de machin et d’une fondation de truc avec des appuis politiques, on est seulement des gars passionnés, qui veulent partager leur passion et tenter de faire avancer la société dans le bon sens.

Un flot de réponses à mon avis inattendu
On a très peu de données concrètes à part les informations glanées ici et là sur certains médias, mais de par la forme (appel à projet lancé en plein été) et le fond, je ne penses pas que le ministère s’attendait à recevoir autant de réponse. Les derniers chiffres faisaient état de 154 dossiers déposés… un nombre plutôt impressionnant pour un pays tellement en retard aussi bien au niveau européen qu’au niveau mondial sur les FabLabs, un signe que le terreau est prêt et qu’il ne manque que de l’argent pour concrétiser tout ça… aucune donnée sur l’enveloppe budgétaire (alors que maintenant on sait qu’elle est de 15 millions d’euros) ou le nombre de projet retenus envisagés ne nous a jamais été communiqué. On a entendu ici et là des bruits de couloirs, mais rien de bien sérieux ou officiel.

Un processus obscur, un retard de plusieurs mois et un défaut de communication flagrant
Le processus de sélection devait durer environ un mois, puisque le ministère était censé nous répondre mi-octobre, on a attendu bien sagement, au bout d’un mois on c’est renseigné chez les copains voir si ils n’avaient pas de nouvelle, mais rien.
En désespoir de cause, au bout d’un certain temps, j’envoi un premier email, puis un second… sans jamais aucune réponse et on continue à attendre patiemment.
C’est il y a de cela quelques semaines, au hasard d’un email que je reçois sur une étude sur les FabLab où au détour du texte nous apprenons que les résultats seront connus mi-décembre (et notez le bien aucune communication officielle aux presque 150 participants).
Qu’ils aient eut pleins de réponses, je peux le concevoir sans problème, qu’ils soient débordés aussi, mais la simple courtoisie de répondre à un simple email, ne prend que quelques minutes et permet surtout de rassurer, voir établir une communication saine (genre on a pas trop le temps, mais vous inquiétez pas, ça vient…).
Idem pour le processus de sélection, on parle d’un comité sans vraiment savoir qui le dirige ou le compose, quels sont ses critères objectifs de sélection (et pas les trucs un peu vagues du pdf de l’appel à projet), quel à été le processus de sélection, bref on croise les doigts et on attend patiemment que la décision arrive.

On se doutait du résultat mais on a cru à l’utopie
Et bien sûr la décision arrive et elle est plus ou moins sans appel, sur les presque 150 dossier présentés, 14 seulement sont retenus… plus de la moitié sont des entreprises, quelques associations, quelques collectivités.
On est très très content pour le LabFab qui fait un travail formidable à Rennes et avec dans son équipe des mecs géniaux (bigUp à John et Hugues) mais très très vite, un arrière goût un peu bizarre revient dans notre gorge. Bon je l’avoues il y a un peu de vexation que notre projet chéri n’ai pas été retenu (pfff vraiment ils savent pas ce qu’ils ratent), c’est vrai, mais pas seulement.
Pendant trois mois en tout cas on s’est presque senti soutenu, que l’Etat via son ministère au nom rigolo de redressement productif prenne une initiative dans ce domaine, enfin on allait pouvoir leur montrer ce qu’on pouvait faire avec quelques milliers d’euros et la giga patate, ils avaient compris que de lâcher des milliards par an à de grosses corporations ne servait à rien et que les petites structures agiles et innovantes allaient sauver l’économie français (ok là je m’emballe un peu, désolé je suis comme ça).

Des projets élus presque (à part trois) tous inconnus au bataillon
Après l’annonce on commence à creuser un peu et on s’aperçoit que sur les noms cités, j’en connais en fait très peu… je ne connais pas tout le monde dans le domaine, loin de là, mais je surveille et suit le domaine depuis des années et là 90% des projets retenus sont des ovni, des structures pour la plupart inconnues.
On fouine donc, on partage un peu sur twitter, un pad est lancé et on croise les informations, on s’interpelle et là c’est un peu la grosse désillusion, on s’aperçoit que certains de ces projets ne semblent tout simplement pas sérieux… montés spécifiquement pour l’appel à projet (la date de création des structures ne permet pas de doutes sur la finalité de ces structures) par des groupements connus, pour certains des siphonneurs de fonds publics connus et réputés, qui savent mettre les bons mots aux bons endroits, présenter les bons dossiers et avoir les appuis là où il faut.
Je ne connais pas personnellement tous les projets et leurs porteurs et je suis sûr que certains sont légitimes, mais sur les 14 retenus, 11 m’étaient totalement inconnus il y a encore quelques jours, et je n’étais apparemment pas le seul (cf les réactions véhémentes sur twitter le jour même).
Comment expliquer que certains précurseurs, certains champions (dont je ne fais pas parti, rassurez vous) connus de tous n’en font pas parti, après l’étonnement, l’incrédulité, voici le moment de la stupeur.

Certains projets pas retenus avec un potentiel monstrueux
Et je ne prendrais qu’un seul exemple: l’electrolab (puisque je les suis et j’ai pu les rencontrer, mais je suis sûr que d’autres répondent aux critères).
L’electrolab pour ceux qui ne le connaissent pas est un Hackerpace / FabLab situé en région parisienne, à Nanterre au sous-sol d’un bâtiment industriel. Vous y trouvez plus ou moins tous les outils et les compétences pour y créer plus ou moins n’importe quoi.
J’y suis allé il y a de cela quelques années, quand je vivais encore en région parisienne, pour aller leur filer un coup de main lors de leur installation… j’avais meulé moults cornière pour fabriquer des étagères et filé un coup de patte en voisin (ou mec pas trop loin) et ami. L’ambiance était parfaite entre projets un peu barrés, passionnés acharnés et volonté de partage.
J’ai continué à les suivre à distance via leur MailingList, leur site web et de temps en temps sur IRC.
Ils ont tellement de matériel et de monde, qu’ils sont obligés de s’aggrandir… beaucoup.
Ils cadrent complètement dans l’esprit de l’appel à projet: ils sont compétents, ont une certaine visibilité (en tout cas dans le domaine), aident les particuliers et entreprises à réaliser leurs projets et pourtant ils ne sont pas retenus…
De toutes les personnes avec qui j’ai pu discuté du résultat de l’appel à projet, ils font l’unanimité, ils auraient dus être financés, pourquoi pas, bonne question…

D’une capacité de financement qui passe de 200K à 1M d’euros
Dans tout ce processus de questionnement, ce qui m’a le plus choqué c’est le changement de plafond de financement. Si on s’en réfère au document diffusé (disponible ici), il devait être compris entre 50 et 200 milles euros et représenter un maximum de 70% du budget de fonctionnement des différentes structures. Hors récemment nous avons appris que les lauréats recevraient environ un million d’euros chacun (et donc prédis un budget de 1,3 millions d’euros pour chaque projet – et si on fais un calcul simple 15 millions d’euros à 200k euros par projets, ils s’attendaient donc à financer 75 projets, pourquoi donc s’étonner que le double de leur capacité initiale de financement ne dépose de dossier?). D’abord je ne comprends que très peu ce changement de règle soudain, multiplier par cinq le montant des aides, c’est pour moi du jamais vu (mais j’avoues que dans ce domaine je suis un parfait n00b, un candide même), mais surtout je ne comprends pas la démarche.
N’aurait il pas été plus intéressant de financer cinq fois plus de projets, puisque l’objectif des FabLab est de s’adresser aux locaux et le but final est de créer un maillage complet du territoire français? Multiplier par cinq un financement conséquent, dont certains structures déjà bien installés n’ont pas besoin, offrir un million d’euros à d’autres structures toutes justes nés, un sacré cadeau de naissance… Si le but était de répartir un budget, ou une enveloppe pourquoi ne pas en avoir fait profiter plus de projets qui en auraient certainement fait un bien meilleur usage?
Là j’avoues j’en perds complètement mon latin.

Une vision plus ou moins d’ensemble sur les projets de FabLab en France
Bon, une quinzaine d’élus sur 150 dossiers, des enveloppes multipliées par 5, un suivi déplorable et aucune communication envers les participants c’est pas bien, mais un des bienfait de cette opération c’est que les participants sont sortis du bois, certains projets (dont celui du RuralLab) ont pu se lancer et on a maintenant une meilleure vision des projets de FabLabs en France et de leurs porteurs.
C’est vrai on entendait beaucoup parler de FabLab, on connaissait certaines intentions, mais on avait peu de données précises. Au moins, nous avons des noms, des endroits et des gens maintenant, des contacts se font, des affinités se craient et même des regroupements se discutent (on est en train de voir avec les FabLab de la région Centre pour communiquer plus, mieux, se partager les infos entre Néons sur Creuse, Tours, Limoges, Blois et peut être d’autres) et ça c’est une bonne chose.

Au final, on fera sans le ministère et la barbitude vaincra
Une belle action de communication bien menée par le ministère et bien tape à l’oeil, des budgets pharaoniques pour des structures plus ou moins fantômes… au final on avait déjà anticipé et prévu un potentiel refus et décidé de lancer notre projet de FabLab rural, le RuralLab avec ou sans le financement du ministère. Il est ouvert depuis un peu plus de deux semaines à Néons sur Creuse dans l’Indre et ça démarre par mal: un premier atelier (et un deuxième prévu samedi), des gens curieux, interessés et qui accueillent le lieu et la démarche avec bienveillance… (pour les curieux il y a une visite en vidéo ici) plus de quarante adhérents (dans trois pays différents), un aménagement des ateliers au sous-sol qui va se finaliser pour le début d’année prochaine, et toujours une envie (voir même renforcée avec cette aventure d’appel à projet) de partager les outils et les connaissances pour tous.
Alors la route sera un peu plus longue et un plus difficile, on va devoir frapper à plus de portes, convaincre plus de personnes, mais je n’ai aucun doute sur le succès à terme de ce type de structure qui correspond à un besoin de la part des particuliers comme des entreprises.
On s’accroche, on lâche rien et on montrera que même avec très peu d’argent et une volonté farouche on peut faire énormément.

Désolé de ce texte un peu long et que les barbus se rassurent, la grotte est en plein déménagement dans le RuralLab et sera prête sous peu avec encore pleins de vidéos et de projets rigolos, technoïde et complètement barbus.

Que la barbitude soit avec vous…
La barbitude vaincra!

babozor

30 Comments

  1. Tu as ton analyse perso qui se tient, mais sur le montant des financements, tu racontes n’importe quoi et c’est bien dommage…

  2. Bravo, tout est dit! Tu résumes bien (si, si) le sentiment de très nombreuses acteurs/spectateurs de ce lamentable gâchis.
    PS: Et le “Pipo”, il va apprendre à jouer de la flûte ailleurs ou il cite ses sources comme un grand, ok?! Non mais…

  3. @Pipo : t’es sympa avec ton commentaire super constructif§ Il faudrait peut-être argumenter, parceque bon juste dire “tu racontes n’importe quoi”, bin…comment dire… c’est n’importe quoi ;)

    Aller total support @ruralLab, si c’est pour avoir du fric mais plus de liberté y’a rien a regretter!

  4. Je t’invite à vérifier tes sources alors, parce que si tu parles de l’usine digitale comme source, tu peux aussi considérer que le journal de TF1 est une source…

  5. Au début j’étais amer que l’electrolab ne soit pas financé, puis j’ai réalisé au fil des discussions que:

    – ça n’empêchera pas le lab v2 d’avancer

    – ça garantit notre INDEPENDANCE. On n’a de merci à dire qu’a nos membres.

    – on ne devra rien à des gens dont l’existence se limite à faire des ronds de jambes et à mentir pire que le schtroumpfissime.

    Nous sommes au dessus de ces conneries politiques. Eux parlent, nous on fait.

    La barbitude vaincra sans aucun doute.

  6. @pipo : des détails ? puisque tu sembles être bien au courant.

    Mais sinon, je rejoins totalemnt les propos de cet article… Même si je n’ai (malheureusement) aucun pied dans un “vrai” fablab ou même hackerspace (on en a pas encore par ici), je suis ce mouvement depuis un bon moment.

    J’ai également été étonné de ne pas voir certains “noms” dans les lauréats, et comme toi, je ne connais qu’une petite partie de ceux dont les dossiers ont été acceptés, et visiblement certains sont plutôt axés techShop, à l’opposé des fablab…

    Lors de l’annonce de cet appel à projet, j’avoue avoir eu une demie-dure en me disant “oh putain, c’est parti !”

    Belle déception à l’arrivée, même si ça a eu le mérite de montrer qu’il y a du potentiel pour des fablab dans notre pays.

    J’espère (urf urf) que miss fleur remettra ça l’année prochaine, mieux et plus équitable

    En attendant, courage et longue vie aux fablab déjà ouverts où en cours d’ouverture

  7. Même constat ici sur Vannes et même déniaisage à la suite des résultats. Au final la politique reste de la politique et bien que nous ayons obtenu le soutien des élus locaux il semblerait que tout se soit passé à Paris et par copinage.
    J’en profite au fait pour t’inviter à passer nous voir si tu passes dans le coin.
    Bon courage pour le rurallab!
    Barbusement tienne!

  8. Même déception, même colère, pour les Brestois, et même anticipation du refus : les fabriques du ponant vont quand même ouvrir, avec un lieu, un collectif, et pleins d’idées (dont un dalek…). J’ai le sentiment qu’on s’est fait enfumer par Interfab, pour être honnête. (mais ce n’est sûrement qu’une impression, hein, c’est pas DU TOUT un truc de lobbying, ça, Interfab).
    Bref.
    Super que votre fablab rural se crée malgré tout ! bonne route !

  9. Salut !

    Même chose du côté d’Etolab, la fablab d’Amiens. Vendredi on était tous dépités par les choix réalisés … Mais on continu notre aventure sans eux et on apporte notre soutient à tous les autres Fablab dont les projets n’ont pas été retenus ! Et bravo pour ton RuralLab !

    A +

  10. Hello,

    le fait que des entreprises aient pu avoir une réponse positive ne me choque pas. Le fait qu’elle n’existait pas avait ne me choque pas nécessairement non plus pourvu que le projet soit bon. C’est finalement ce point là qui est une inconnue. J’aurais bien vu un mix entre assos et entreprises ou structures mixtes entre les deux mais effectivement je pense que des fablabs dans des institutions comme des syndicats mixtes ou ce genre de structures trop rigides à mon goût s’apparentent à du siffonage de subventions.

    L’autre point qui me gêne, c’est la répartition géographique. Quitte à augmenter le financement initial (ce qui aurait du faire l’objet d’un amendement à l’AAP), autant augmenter aussi bien le budget que le nombre de projets. De cette façon, on est au dessus de 200k/projet ce qui est bienvenu mais on augmente aussi le Nb de lauréats. En particulier, je pense qu’il aurait été bon d’avoir au moins un projet retenu par région. Ca fait 22 projets, Ca aurait quand même été pas mal…

    Au final, je ne suis pas si surpris parce qu’un AAP lancé en Juin pour une réponse en Septembre, ça ne fait quand même pas très sérieux et du coup relève tout autant de la communication que du réel soutien. A ce propose, j’aimerais bien savoir si cette AAP est un coup d’épée dans l’eau ou bien s’il y aura d’autres actions dans les années à venir. Comme babozor le dit, avec une participation à hauteur de +/- 150 projets, cela montre qu’on a à faire à un vrai mouvement de fond et non pas à une lubie passagère liée à un effet de mode.

    Le collectif interfabs est en train de préparer une lettre ouverte en réponse à l’AAP, je pense/j’espère que ces points seront abordés.

    a+


    S.

  11. Je ne voulais pas être désobligeant. Il serait bien que la critique légitime et que je partage, se base sur des arguments justes.

    Vous imaginez l’Etat donner 5 fois plus d’argent que ce que vous avez demandé? Ca serait bien une première!

    L’article de l’usine numérique mélange beaucoup de montants et s’emmêle les pinceaux.

  12. @Pipo : mais donne tes sources et exposes la verité, au lieu de tourner autour du pot
    tu seras + crédible qu’à juste dire “vous n’avez rien compris”

  13. membre de LabSud à Montpellier, je précise puisque ma réponse n’engage que moi.
    en gros, même topo, non étions juste brièvement passé par la case déception, voici venir l’amertume..
    pas le temps pour ça.
    mais les arguments se tiennent et méritent d’être examinés à la loupe, ce que nous ne manquerons pas de faire !
    pour le reste, l’agglo nous suivant avec un hébergement gracieux sur 270m2 nous allons relever les manches (un peu plus haut que d’habitude) et essayer de motiver nos membres (120 au moment T) pour lever des fonds, equiper convenablement cette surface et aller au devant des entreprises locales.
    Il est clair que l’esprit FabLab aurait besoin d’être vigoureusement rafraîchi par une com horizontale dépolluée car pour l’instant c’est plutôt dans le secret que se passent les choses..
    on en reparle, bon courage à tous !

  14. Bonjour,
    Nous sommes 2 passionnés en pleine mise en place de notre structure en Haute-Savoie. Nous sommes confrontés aux mêmes difficultés que tout le monde ici, à la simple différence qu’on apprend toute cette histoire au travers de ce billet. La com est tellement mauvaise en France qu’on a même pas eu vent de cet appel à projet avant sa fin…
    Ceci pour simplement dire que nous vous soutenons, et serions heureux d’apporter notre pierre à cet écosystème qui nait dans la douleur.
    Bon courage et à bientôt !

  15. Vu de l’extérieur le RuralLab donne aussi l’impression d’avoir été “monté” juste pour l’appel à candidature.
    Pas facile de savoir où sont “les siphonneurs” d’argent public !

  16. Salut, les barbus, les barbues, et tous les autres.

    Connectons-nous !!!!

    A-t-on la liste des 154 candidats ? Même en écartant des dossiers trop vides, la bonne nouvelle c’est qu’il y a encore cheux nous autant d’envies ! il y a en france au moins 150 germes de fablab.
    montaulab@orange.fr (82000)

  17. @pipo quand tu auras fini de pipoter, n’oublie pas de donner les sources au lieu de te la péter plus haut que ton cul ! Car je vais finir par croire que “tu racontes n’importe quoi et c’est bien dommage…”

  18. très intéressant tout ça et très décevant.

    c’est impressionnant de voir que certains projets n’ont même pas de site, d’adresse mail ou de description.

    Une boite d’ingénierie qui crée un “fablab”, c’est une belle façon de faire financer ses études ou des veilles tech pour répondre aux appels d’offres !!!! dégueulasse.

    Comme le dit Franck, il faudrait se regrouper sous un même label genre “FabLab barbu de France” (bon d’accord on enlève le “barbu”.

    dernier mot : Don’t feed the troll… et à partager

  19. au lieu de tous vous jeter sur pipo (qui ne mérite pas tant d’intérêt), vous voulez pas discuter du fond de l’affaire plutôt ?

  20. Ca sent les municipales tout ça… genre, je file une petite subvention aux copains pour qu’ils montrent qu’ils ont des projets très cool dans leur ville, circonscription. Mais bon ce n’est pas nouveau ça existe depuis des lustres dans les appels d’offre de transports en commun, de video protection, les projets culturels… ça peut créer un environnement propice à une re-election.
    Pour les barbus il faut comprendre que le concept de fablab est mature et qu’il y aura surement bientôt de nombreuses traductions en fonction de la provenance et du montant des budgets (pros, semi-pros, franchisés, associatifs, bordéliques …) Donc les spécialistes du captage de subventions ont leur place aussi.
    Ceci dit, “avoir un marteau en or n’a jamais fait un bon tapissier” (l’outil ne fait pas la créativité).

    Que la barbitude soit avec vous.

  21. Juste en reprenant les chiffres donner sur l’explication de notre babozor national. Le financement ne devait pas exceder 70% du fonctionnement. Donc les projets retenus ayant recu chacun 1.3M€ cela veut dire qu’ils ont 1.3M€/0.70 = 1 857 xxx € de fonctionnement. Quand on parle fonctionnement c’est sans l’investissement. Il s’agit de payer l’electricité, les charges assurances et autres, et eventuellement les fournitures (pas de machines, ou de matériel considérer comme investissement). Et bien on peut dire que ce sont de sacrée structures et par la force des choses trés trés trés loin d’un fablab. Parce que lorsque vous aurez acheté votre étain, vos composants électro, vos différents solvant et autres pour faire vos circuit et je ne sais quels autres matériel de base, et bien sur 1.8M€ il vous restera de quoi faire. A si vous n’avez aucune isolation, vous chauffez au fioul avec les fenetres ouvertes et votre assurance vous couvre si quelqu’un se retourne un ongle. Sérieusement si ca c’est pas se foutre de la gueule du monde.

    Alors qu’a l’inverse on prenait 150 projet soit 100 000€ chacun avec donc des frais de fonctionnement maxi de 142 857€ et on satisfaisait beaucoup plus de monde. Bon les plus gros aurait peut etre plus de mal, mais si c’est 100000€ représentaient pour ces grosses organisations 15 ou 20% de leur budget de fonctionnement, combien aurait vu une vrai opportunité de fonctionnement et de se lancer convenablement ??

    Que la barbitude soit avec vous.
    Arvie pas comme on dit chez nous.

    PS : Babozor continue j’adore ton site. Vivement qu’on se rencontre.

  22. La route est certes plus longue, mais la voie est plus libre. Aucun compte à rendre. Pas d’administration qui supervise. Le hackerspace idéal en fait. Que la force soit avec toi.

  23. comme Thierry vive l’anarchie merde au subvention

    aller gros fonce avec tes poto est merde au firc .

  24. Une barbu a mis un commentaire m’a redirigé vers votre lien et j’ai quelques éléments non technique à vous apporter ! Je vais parler uniquement de “marchés publics”.

    Une consultation entre juin et septembre est hyper courante dans une procédure comme celle-ci. Cette date correspond parfaitement au délai classique dont a besoin l’administration pour lancer une procédure et le délai nécessaire par la suite pour la contractualiser.

    Concernant le manque d’information après la dépôt des candidatures, c’est également très courant. En effet, code des marchés publics oblige, si on donne une info ou si on réponds à une question d’un candidat, on se doit d’informer tous les candidats de la question et de la réponse. Il y a d’autant moins d’info qui “fuite” lorsqu’il n’y a pas de négociation de prévue.

    Après concernant le choix des candidats, c’est basé sur un côté technique et financier. Les critères de choix ont du vous être donnés avant de poser votre candidature. Si vous n’êtes pas satisfait du choix, vous pouvez demander des informations sur les notes attribuées à chaque participant. Si cela ne vous convient toujours pas, vous pouvez demander le détail des notes. Et si après vous êtes toujours convaincu que la procédure n’est pas cohérente des marchés publics, vous pouvez aller devant le tribunal (dont on a du vous donner les coordonnées en même temps que votre refus).
    Je ne parle pas du tout de remettre en cause de choix des retenus par rapport à votre projet mais de vérifier la conformité de la procédure.

    Bref les marchés publics c’est compliqué et surtout quand on est pas une grosse boite avec un service juridique compétent !

    J’espère que ça vous a éclairé, au moins un peu.

    La grotte du boucu !

  25. ET ben c’est simple. Tous les déboutés n’ont qu’à se mettre en commun et monter un dossier sur “la vérité”, et aller porter ça à “MédiaPar”.
    Si il y a eu magouille (ce qui est plus que probable), notre bon Edwie va se faire un plaisir de battre la merde, et d’en jeter partout.
    Allez, on va bien rigoler.
    Ne lâchez pas le morceau…BanzaÏ !!!

  26. Un petit bout de texte publié par Arte Radio le 19 decembre… Assez rigolo je trouve…
    COMME EN QUATORZE
    […]”L’heure est à l’harmonie, la réconciliation, l’amour. L’hiver arrive, il faut se tenir chaud et limiter la casse. L’an prochain tout change. Ce sera eux contre nous jusqu’à la mort. Il y aura du sang et de la mitraille, des rats dans la soupe et du shrapnel en pleine tête. L’an prochain nous déclarons la guerre. Contre qui ? On verra bien. Les ennemis ne manquent pas et les amis non plus. On va bien se fâcher, youpi c’est reparti”
    Courage aux barbus de tous poils !

  27. Salut Babozor!
    pour avoir à gérer la contractualisation et le suivi de projets financés sur fonds publics (pas en France, mais ca marche partout pareil), je souhaite poster quelques remarques:
    – pour chacun des projest il faut que la direction qui a passé l’aap contractualise individuellement avec chaque lauréat. tu comprendras pourquoi, il leur est préférable de passer 14 conventions de financement que 75… il n’y a pas que le fait d’imprimer le contrat et de signer en bas de la page… il faut aussi, pendant 24 mois (si on se fie aux lignes directrices) suivre chaque projet, techniquement (accessoire) mais surtout financièrement… s’assurer que les fonds sont dépensés correctement (éligibles et justifiés), donc financer 5 fois plus de projets veut dire 5 fois plus de boulot… et rassure toi, ce n’est ni Arnaud ni Fleur qui se tapent le boulot, mais plutot un agent, fonctionnaire ou contractuel, avec sa clio de fonction (ou pas) et son petit bureau… et pour chaque décaissement il y a surement une chaine de visa avec 4 ou 5 personnes qui vont aller chacune de leur commentaire ou de leur blocage…
    – par contre, ne pas oublier que ce sont des fonds publics, qui proviennent des impots des citoyens francais, voire européens (rien ne dit qu’une partie des fonds ne provient pas de fonds de la Commission Européenne destinés au développement de l’économie numérique en France, bla bla bla… – ca les ministres franchouillards oublient parfois de le dire…-)
    DONC, il y a obligation de transparence dans les procédures d’appel et d’attribution de ces fonds. comme l’a dit “vive les boucs”, n’hésitez pas à demander plus d’informations sur l’attribution. posez des questions sur le changement de montant de la subvention, qui aurait du faire l’objet d’une publication d’un erratum ou addenda à l’AAP, car on ne monte pas un projet de 1.8MEUR comme un projet de 285 KEUR… mais je n’ai pas retrouvé de source officielle concernant le montant que tu indiques. bref, il faut prendre un peu de temps, mais cela peut avoir pour bénéfice celui de vous familiariser avec ce monde des marchés publics. car, c’est rarement à la première tentative que l’on décroche une subvention.
    – si l’idée de développer le RuralLab sur la base (en partie) de fonds publics vous intéresse, il faut alors faire un peu de lobbying au niveau local, rencontrer le conseil général, régional, mais aussi les directions départementales des différents ministères et les chambres de commerce. afin de vous faire connaitre, de tisser votre réseau et d’etre informés à temps pour pouvoir monter de bons dossiers et garantir vos chances de vous voir attribuer une subvention. (je dirais qu’un bon dossier met environ deux mois au minimum à être constitué.)

    bref, ce n’est que partie remise. et en tout cas, bravo pour avoir lancé l’initiative du RuralLab longue vie à lui… vous m’en faites baver d’où je suis où je me sens un peu seul avec ma caisse à outils… et joyeux noël!!

  28. “grace” a cette liste j’ai découvert un fablabs dans ma régions .. Smart Matérials mais en me renseignant dessus je suis franchement pas convaincu du truc .. c’est plus pour la recherche de partenariat étudiant entreprise, bref j’irais faire un tour quand je passerais dans le coin voir se qu’il est possible pour un particulier de faire. merci pour se coup de gueule ca ma au moins fais découvrir se fameux “Smart Matérials” mais qui semble inexistant sur le net.

Comments are closed.