Quelques mois difficiles… stabilisation et on repart de plus belle?

Voilà déjà quelques mois que je suis plus ou moins absent des Interwebs… plus de podacst, pas (ou peu) d’articles… mais que se passe-t-il?

Une situation personnelle dramatique… à deux doigts de devenir clodo?
Mon but n’est pas de faire pleurer dans les chaumières, mais pour ne pas déroger à ma politique: le plus de transparence possible, et surtout expliquer à ceux qui m’interpellent sur twitter, ce qui se passe en ce moment.
Pour info, j’ai décidé de fermer les commentaires sur cet article, si vous avez des trucs à dire, il reste twitter, les emails, etc.
Depuis un peu plus d’un an je me bats pour tenter de faire mon trou et concilier ma passion (avec un P majuscule) de la bidouille et tout le prosélytisme qui va avec, aussi bien via le podcast que via le RuralLab et pouvoir crouter. Le problème est que jusqu’à présent cette passion dévorante ne me permet pas de vivre… j’ai essayé de trouver divers débouchés sans trop de succès, la faute principalement à mon manque de talent de gestion. Je suis une vraie quiche pour gérer le pognon aussi bien au niveau perso, que pro ou associatif, certains ont ça dans le sang, moi ce n’est clairement pas mon cas (et c’est important à savoir pour pouvoir y remédier, mais j’en parlerais un peu plus tard).
Dix mois passé à tenter de monter et maintenir le RuralLab à travailler 10 heures pas jour (bon c’est pas non plus un travail pénible et c’est juste génial de partager ses passions avec tout le monde) 7 jours par semaine, sans gagner d’argent ça a certaines conséquences.
La première conséquence c’est d’abord de galérer à acheter ne serait ce que les trucs de base, comme la bouffe… je ne suis pas seul, j’ai une petite demoiselle de (maintenant) neuf ans qui a besoin de manger tous les jours, pouvoir s’habiller, etc.
Ensuite c’est une chute vertigineuse et pas très plaisante dans l’administratif glauque: pas possibilité de payer les factures, eau, gaz, téléphone, électricité, etc. Je me raccrochais à l’espoir pourtant si proche de pouvoir générer assez d’argent avec le RuralLab pour pouvoir se verser un espèce de micro-salaire, mais malheureusement on était toujours à quelques semaines (ou plutôt quelques mois) de pouvoir y arriver.
Fin juin arrive, je continue à lutter, mais le facteur déclencheur à été la fin du bail de la maison que je louais… pas de fiche de paye, donc impossibilité totale de pouvoir se loger et de louer un nouvel appartement ou maison dans le coin.
Je me retrouve donc dans une situation où d’un côté j’ai un “travail” qui m’occupe toute la journée sans pouvoir me payer, et d’un autre des contraintes financières fortes et la vision de me retrouver à la rue sans toit et sans perspective réelle ou bouée de secours.
Il était temps de faire un reality-check et de voir qu’est ce que j’allais faire de ma vie et comment le projet de la campagne et du RuralLab pouvait s’intégrer à tout ça.

Plus de permanence, vols, problèmes personnels, Le RuralLab en danger…
Du côté du RuralLab c’est aussi un bilan bizarre, d’un côté on a réussi à démontrer que notre approche n’était pas complètement déconnante, avec 120 adhérents en quelques mois, 4 à 5 ateliers organisés par mois, une permanence ouvert toute la semaine de 10 à 18h, des partenariats imposants comparé à la taille de notre association ou de la commune, des perspectives et projets intéressants… D’un autre côté, ma situation personnelle de déchéance financière faisant peser un poids important sur l’ambiance générale du lieu, et pas mal de complications divers ne nous ont pas permis de développer le concept comme nous l’aurions aimé.
Des problèmes financiers
Avec une adhésion modique (5 euros, bien que beaucoup des adhérents donnaient plus) et des frais de fonctionnement non négligeables (eau et électricité en particulier), le RuralLab a galéré pour payer ses factures… a en arriver jusqu’à faire un chèque en bois pour éviter de se faire couper le courant (je vous rassure on a réussi à payer notre facture, mais c’était chaud). C’est une situation extrêmement gênante et surtout stressante pour toute l’équipe. Pouvoir trouver un business model viable était un des buts de l’association et prouver qu’un FabLab en milieu rural avait un sens en était un autre, on travail encore sur le business-model et trouver des solutions pour financer durablement cette activité qui répond à un réel besoin.
Départ de Jason aka Prototux
D’un point de vu personnel, Jason qui m’a aidé à co-fonder le RuralLab est parti… je ne reviendrais pas ici sur les raisons (ça le concerne lui et moi et ce n’est pas l’endroit pour solder nos comptes) mais je ne peux m’empêcher de trouver la façon dont il est parti amère. Après l’avoir hébergé chez moi pendant plus d’un an, son départ précipité et en embarquant du matériel qui n’était pas à lui (une partie au RuralLab et une partie du matos à moi perso) m’a donné la vile impression de m’être fait planté une hache (à double tranchant avec des pics) dans le dos. Je pourrais ruminer pendant des mois sur ce point, mais ça fait aussi partie de l’aventure, humaine cette fois ci, on est surpris par des gens (en bien souvent, en mal parfois), on rencontre des personnes, etc… j’ai décidé de tirer un trait, à lui d’assumer avec sa conscience ce qu’il a fait et son attitude par rapport au projet collectif.
Vol de matériel
Ahhhh l’épisode du vol de matériel par Yuma de baroudeur.com
Pour raconter l’histoire en deux mots, disons qu’il avait un désaccord financier avec un membre du RuralLab, qu’il a profité de son inattention pour laisser un porte-fenêtre ouverte, est revenu alors que le RuralLab était inoccupé et à piqué pour environ 10 000 euros de matériel (tout le matériel Bosch, des ordinateurs, ma découpeuse vinyle, tout le matériel de musique, etc…), avec comme prétexte de se rembourser sur la bête, plus que de régler son désaccord financier directement avec l’intéressé. Heureusement l’histoire se finit plus ou moins bien avec la restitution du matériel volé… mais cela soulève un point important concernant la sécurité du lieu et la valeur du matériel et des outils qui y sont stockés. Certes on a pas une thune au RuralLab, on galère à payer les factures, mais on a des outils, des ordinateurs, etc… et certains (que ce soit Yuma de façon directe ou Prototux de façon indirect) décident de se servir. C’est une situation inadmissible et nous devons prendre les mesures appropriées pour que cela n’arrive plus (jamais), le matériel est destiné à aider les adhérents dans leur approche du numérique, dans leurs projets, pas pour régler des problèmes perso ou pour se l’approprier injustement.
Désaveux d’accords passés et impossibilité de continuer les activités
Le bilan est franchement pas top, puisqu’en quelques semaines un des fondateurs se barre, on se fait piquer du matos, je finis presque clodo… et on est obligé de se désengager un peu à la barbare d’accords qu’on avait eut avec divers organismes. Par exemple, on devait commencer à faire des ateliers dans les écoles pour les TAP (Temps d’Aménagement Périscolaire) avec la communauté de commune (et on était chaud bouillant pour participer à ça, faire découvrir pleins de trucs aux gamins dans les écoles, etc.)… plus possible et c’est donc à conte-coeur qu’on les a prévenu un peu à la dernière minute de notre impossibilité de pouvoir assurer l’accord passé. Idem pour certains autres projets qui demandait une présence à 100% que je ne pouvais pas assumer sans que ça me permette de vivre.

De retour en région parisienne
Je me suis donc tâté pendant quelques jours et la décision c’est faite d’elle même, il me fallait un travail et vite… et (malheureusement) dans ma branche c’est Paris, donc retour en région parisienne pour une année au moins (puisque la demoiselle est inscrite dans l’école) squattage chez mes parents… Le but est dans les mois à venir de me reconstruire au niveau financier et administratif. J’ai quelques casseroles aux fesses, avec au moins 10 000 euros de factures impayées et autres joyeusetés (des piles de lettres d’huissiers qui me réclament du pognon) et le but est de pouvoir régler tous ces problèmes pour pouvoir repartir dans des conditions plus sereines.
J’en profites d’ailleurs pour chaudement remercier mes parents… sans leur soutien je serais sans doute clodo à continuer à galérer, merci à eux de m’héberger et de me prodiguer conseils et soutien (et bisous poilus à tous les potes et barbus qui prennent régulièrement de mes nouvelles, ça fait plaisir, vraiment même si je le dis pas souvent).
Depuis le premier septembre je travaille chez Human Inside, une chouette agence digitale (je sais pas trop comment expliquer ça autrement) ou je fais du développement web et du prototypage pour divers projets. Super ambiance, des projets intéressants, une proximité très sympathique avec d’autres branches connexes du métier: designers 3D, graphistes, architectes, vidéastes… et une proportion homme/femme presque inversée par rapport à mes autres tafs: une majorité de femmes (ça fait un peu moins clan de barbus qui se racontent des blagues de cul et rotent sans retenue, ça change et c’est franchement pas mal).

Retour de LaGrotteDuBarbu sous peu
Bon et LaGrotteDuBarbu alors, vous allez me dire?
Ben j’avoues que ces derniers mois j’ai été très préoccupé par les divers problèmes précédents pour pouvoir me consacrer sereinement à produire, monter et diffuser des épisodes.
J’ai un épisode tourné chez les amis de Saint Nazaire qui est toujours en cours de montage et que je devrais pouvoir finir dans les prochaines semaines… j’ai pleins d’idées de podcasts vraiment cool, un peu moins bourrins puisque je n’ai plus un accès illimité à un atelier de psychopathe, mais toujours autant l’envie de bidouiller et de partager avec la communauté merveilleuse des barbus.
Donc oui rassurez vous, LaGrotteDuBarbu continue et va continuer, ce n’est pas un manque de motivation, mais principalement une question de priorités (bouffer versus le podcast) et de temps.

Restructuration du RuralLab
Dans les prochaines semaines on va aussi remettre à plat un peu toute l’organisation du RuralLab, absorber les changements des dernières semaines et voir comment continuer (voir même étendre) l’activité du RuralLab.
On avait pas trop communiqué sur les divers problèmes, puisqu’au niveau perso je ne savais pas trop à quelle sauce j’allais être mangé, mais ce sera fait dans les prochains jours et on va essayer de trouver avec les membres de l’association des solutions viables à la situation.

Pleins d’autres projets excitants dans ma hotte
C’est pas parceque j’ai pas de thunes, que les huissiers me courent après avec des martinets (avec des piquants en fer) que mon cerveau arrête de fonctionner, au contraire et j’ai toujours pleins de projets que j’essayes de pousser qui vont profiter de cette pause (allongée) parisienne pour avancer.
MetalRumble
Un jeu démentiel qu’on est en train de finir de mettre au point avec l’ami Gimli (alias Quentin) et qui a été alpha-testé par des barbus pendant le BarbuFest. Le principe (en deux mots)? Tenter de composer le groupe de métal ultime… c’est un jeu de carte, super fun, avec pleins de blagues pourries et de références à la culture Métal. On va continuer à travailler dessus avec comme objectif le sortir pour la saison des festival de cet été.
LGDB format court
Un truc que j’ai toujours voulu faire, tenter de re-tourner, écrire, produire et monter un pilote de LaGrotteDuBarbu en format court (genre 3 minutes) un truc propre, pro, voir si je suis capable de le faire et voir quel résultat est ce que ça donne.
Une série de livres
J’ai toujours une série de livres ultra pédagogiques sur les usages du numérique (avec comme cible principale mes parents, où tous les gens qui utilisent l’informatique mais qui galèrent, comme votre grand mère, votre grand oncle ou voisine) en cours de création, j’ai les deux premiers volumes écrits et des drafts de deux autres volumes… Je cherche toujours un ton et une ligne graphique (et je vais me faire aider pour ça évidemment), je creuse aussi pour savoir comment le réaliser: crowdfunding, accord avec une maison d’édition, auto-publication…

Voilà, vous savez tout ou presque.
Donc pour résumé, je suis sur Paris pour un an, un nouveau boulot, le RuralLab en pleine mutation, LaGrotteDuBarbu qui repart de plus belle dans quelques semaines et pleins de projets rigolos…
Un grand merci à tous les barbus qui m’ont soutenus et me soutiennent dans cette période difficile et pas évident à traverser, vous êtes géniaux (et je vous aime tous).

Que la barbitude soit avec vous.

babozor