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Patrimoines oubliés : un livre sur le patrimoine et l’exploration urbaine, sur Kickstarter

[Un petit texte de l’ami Krillin (du regretté podcast Bazingcast) que j’ai invité pour parler de son chouette projet de livre crowdfundé… soutenez le lui et son joli projet le méritent bien]

Bonjour, je suis Krilin, et je squatte la grotte du barbu pour vous parler de mon projet de beau livre, en ce moment sur Kickstarter.
Inspiré par la campagne Chtemele, j’ai voulu moi aussi connaître le stress, les nuits sans sommeil, et le désastre financier du crowdfunding. Et si vous voulez m’aider à jouir de cet échec, c’est ici : http://kck.st/1chOs58

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Le projet
Tim, du site Glauqueland, et moi sommes des explorateurs urbains. Cela consiste à visiter des lieux abandonnés : manoirs, usines, prisons, etc. Pourquoi ? Autant de motivations que d’explorateurs, en tête viennent le frisson, la photo, l’ambiance post-apocalyptique… et l’intérêt pour le patrimoine dans notre cas. Chaque lieu que nous visitons devient le premier pas d’une enquête, où on cherche quand et pourquoi le lieu a été construit, ses transformations, comment il a été utilisé, et surtout pourquoi il a été abandonné. Après plusieurs années de recherches, nous avons voulu faire un beau livre (200 pages, papier qualité photo, etc.) pour compiler toutes nos découvertes.
Le livre contient des photos à l’abandon, mais aussi des photos d’époque, des vues aériennes, et surtout du texte (clairement notre plus-value) ! Il s’articule sur trois axes :
-raconter l’histoire, souvent exceptionnelle, de ces lieux
-accompagner le lecteur pour qu’il comprenne ce qu’il voit, et lui permettre de faire une visite virtuelle
-expliquer au lecteur les points intéressants difficilement accessibles au novice : technique architecturale ou industrielle, évolution sociétale, etc.
Si les sites d’urbex pullulent, rares sont ceux qui abordent la question de l’Histoire, et jamais d’une manière aussi poussée.
Pour plus de détail, je vous invite à aller voir la page sur kickstarter, et l’exemple de maquette qu’on laisse en téléchargement : http://kck.st/1chOs58 . Profitez-en pour en prendre 3 :)

glpo

Le do-it-yourself
Si je fais un article ici, ce n’est pas seulement pour me faire de la pub (hé, vous êtes allé ici : http://kck.st/1chOs58 ? ). C’est aussi pour aborder la question du DIY.
Pourquoi le faire en DIY ? Il y a deux raisons.
La première est idéologique. Le DIY est un mouvement, c’est plus qu’une mode. C’est une manière de vivre, de refuser certains pans que veut nous imposer la société. Les AMAPs, la réappropriation des savoirs et des techniques montrent que cette philosophie séduit. L’idée n’est pas de réduire en cendres la société, mais déjà de bypasser les intermédiaires parasites et revenir à une relation empathique, d’humain à humain. Presque non-marchande.
La seconde consiste à regarder l’alternative : les éditeurs. Nous avons tenté les éditeurs ; nous n’avons pas réussi à nous mettre d’accord. Les éditeurs ont leurs lubies, car leur but est de vendre le plus possible. Je comprends leur point de vue, mais personnellement je ne suis pas prêt à compromettre mon travail dans ce but : je préfère 200 lecteurs qui lisent un livre dont je suis fier, que 2000 qui ont un livre que je n’assume pas entièrement. La première lubie des éditeurs concerne la photo, car c’est ce qui fait vendre à la FNAC. Elle doit être racoleuse, si possible en HDR ou avec des jeux de lumière. Notre posture naturaliste ne plaisait pas. Le titre doit absolument contenir « insolite » ou un mot qui éveille la curiosité sur les têtes de gondole. Quant au texte, il s’agit juste de petits caractères pour faire joli à côté des photos. Bref : les éditeurs ne voulaient pas réaliser le même livre que nous, et nous n’avons pas trouvé de compromis acceptable.

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Cependant, le faire en DIY a deux conséquences principales (en plus de devoir tout stocker dans son salon) :
L’éditeur est un professionnel. À l’origine, son travail n’était pas de vendre, mais d’éditer. Bypasser l’éditeur, c’est faire une croix sur un regard extérieur, et sur toute son expérience concernant le texte, la retouche légère de photo, et surtout la maquette. J’ai eu des cours de deux graphistes depuis que j’ai fait la maquette catastrophique que vous trouverez sur la page kickstarter (http://kck.st/1chOs58, vous vous souvenez ? :D ), mais nous n’arriverons jamais à une qualité pro. Ceci dit, ça reste un charme du DIY, tu as un truc qui a seulement 80% de la qualité pro, mais ça convient à 80% des gens…
Cependant, une petite partie de ce savoir peut être compensé en discutant avec les imprimeurs, qui eux aussi ont de l’expérience. Car le DIY, c’est aussi l’occasion de faire travailler les entreprises de la région, plutôt que de faire imprimer ça pour pas cher en europe de l’est. Comme je disais, revenir à une relation humaine faite d’échanges…
Le deuxième point, c’est que le DIY, à moins d’avoir une marge gigantesque, coupe l’accès aux grandes surfaces. Les distributeurs prennent 20 à 50% du prix boutique, ce qui est bien entendu est impossible à tenir, déjà parce que vous n’aviez pas de prix boutique : vous aviez juste un coût de fabrication. Cette question de se fermer un public est une question intéressante qu’il serait trop long de discuter ici, mais c’est pour moi un des rares revers du DIY.
Voilà, et pour un retour sur le kickstarter, je vous invite à regarder la conf de Babozor, deux posts plus loin.

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Krilin

babozor

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